Guinée équatoriale : Ciudad de la Paz, le nouveau cœur du pouvoir d’Obiang

Guinée équatoriale : Ciudad de la Paz, le nouveau cœur du pouvoir d’Obiang

Depuis le 3 janvier 2026, Ciudad de la Paz est officiellement la nouvelle capitale de la Guinée équatoriale. En délaissant l’insulaire Malabo pour cette métropole futuriste érigée en pleine jungle continentale, le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo parachève son grand œuvre et redessine la géopolitique interne du pays.

L’acte est historique. Par un décret présidentiel entré en vigueur ce 3 janvier, la Guinée équatoriale a officiellement transféré son centre névralgique de Malabo à Ciudad de la Paz. Anciennement connue sous le nom d’Oyala, cette ville nouvelle située dans la province de Djibloho devient la capitale officielle d’un État qui cherchait, depuis des décennies, à s’ancrer davantage sur sa partie continentale.

La fin de l’isolement de Bioko

Le choix de Malabo, située sur l’île de Bioko, était devenu au fil des ans une anomalie stratégique pour le régime. Isolée géographiquement, l’ancienne capitale était jugée trop vulnérable et de moins en moins adaptée à l’explosion démographique et économique du pays. En déplaçant les institutions vers Ciudad de la Paz, située non loin de l’aéroport de Mengomeyén et à proximité de la métropole économique Bata, le président Teodoro Obiang — au pouvoir depuis 47 ans — entend rapprocher l’administration des citoyens.

Cette métropole, dont la construction a été lancée en 2008, se veut le symbole de la modernité équato-guinéenne. Avec ses tours de verre, son palais présidentiel imposant et ses infrastructures déjà opérationnelles (université, hôpital de pointe), la ville a été pensée pour accueillir à terme 200 000 habitants.

Le défi du transfert institutionnel

Financée presque exclusivement par la rente pétrolière du pays, Ciudad de la Paz est le chantier d’une vie pour le chef de l’État. Mais si le symbole est fort, la réalité technique reste complexe. Le transfert complet des services publics et des ministères est prévu tout au long de l’année 2026.

Ce déménagement massif représente un défi logistique colossal : il s’agit de peupler une ville sortie de terre qui doit encore prouver sa capacité à devenir un centre urbain vivant et non une simple cité administrative. En ancrant le pouvoir au cœur du continent, le régime espère surtout mieux contrôler l’ensemble de son territoire et harmoniser le développement entre les provinces de la région du Rio Muni et la région insulaire.

La Rédaction

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