Agrégation CAMES : Yaoundé veut inverser la tendance des résultats camerounais

Agrégation CAMES : Yaoundé veut inverser la tendance des résultats camerounais

Le Cameroun engage une série de mesures pour améliorer les performances de ses candidats aux concours d’agrégation du CAMES, après des résultats jugés insuffisants dans certaines disciplines, notamment en médecine.

Le ministre d’État Jacques Fame Ndongo a présidé, ce 6 janvier à Yaoundé, une séance de travail stratégique avec le secrétaire général du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES), le professeur Souleymane Konaté. Au menu des discussions : le renforcement des capacités des candidats camerounais aux concours d’agrégation, dans un contexte où les résultats du pays sont jugés préoccupants.

Des résultats en demi-teinte qui interpellent

Le Cameroun affiche un bilan contrasté dans les concours d’agrégation du CAMES, institution qui regroupe 19 pays africains et délivre le précieux sésame permettant d’accéder au statut de maître de conférences agrégé. Si le pays maintient une présence honorable dans certaines disciplines, d’autres secteurs révèlent des faiblesses criantes.

En médecine, le constat est particulièrement alarmant. Lors du dernier concours, le Cameroun a terminé en dernière position parmi les pays participants, avec seulement 4 candidats admis sur 17 présentés, soit un taux de réussite de 23,53%. Des pays comme la République centrafricaine, le Tchad, le Niger et le Bénin ont tous surpassé le géant économique de la CEMAC, soulevant des interrogations sur la qualité de la formation des élites médicales camerounaises.

En sciences juridiques, politiques, économiques et de gestion (SJPEG), les résultats sont plus encourageants mais restent perfectibles. Lors de la 21ᵉ session organisée en novembre 2023 à Yaoundé, 67 candidats ont été reçus sur 208 participants, soit un taux global de réussite de 32,21%, légèrement inférieur aux 38,89% de la session précédente.

Un plan d’action ambitieux

La réunion du 6 janvier a abouti à plusieurs résolutions concrètes. L’accent est mis sur l’appropriation du guide d’évaluation par les candidats et les commissions institutionnelles, ces instances universitaires chargées de vérifier la conformité et la qualité des dossiers avant leur transmission au CAMES. Or, toutes les universités camerounaises ne sont pas encore dotées de ces structures essentielles.

Les 11 chefs d’institutions universitaires publiques présents, aux côtés des responsables des commissions institutionnelles existantes, ont échangé sur les bonnes pratiques et les méthodes de préparation. Le volet médical, identifié comme prioritaire au vu des résultats récents, fait l’objet d’une attention particulière dans cette stratégie de remontée.

Le CAMES, un enjeu de souveraineté académique

Créé en 1968, le CAMES joue un rôle central dans l’harmonisation de l’enseignement supérieur en Afrique francophone et lusophone. Ses concours d’agrégation constituent la principale voie d’accès aux postes d’enseignants-chercheurs de haut niveau dans l’espace francophone africain. Avec plus de 600 participants mobilisés lors de certaines sessions et l’implication de près de 200 professeurs titulaires dans les jurys, ces concours représentent un enjeu majeur pour les universités du continent.

Pour le Cameroun, qui abrite huit universités d’État et des dizaines d’établissements privés, disposer d’un vivier conséquent d’agrégés constitue un impératif stratégique. Jacques Fame Ndongo, ministre de l’Enseignement supérieur depuis 2004 — soit plus de 20 ans à ce poste —, fait de cette question une priorité de fin de mandat, dans un contexte où la qualité de l’enseignement supérieur camerounais est régulièrement questionnée.

Les mesures annoncées devraient permettre aux candidats camerounais de renforcer leurs performances non seulement à l’agrégation, mais aussi au Comité consultatif interuniversitaire (CCI), autre instance du CAMES qui évalue les dossiers de promotion des enseignants-chercheurs. L’enjeu est de taille : assurer la relève académique d’un pays qui ambitionne de rester une référence en matière d’enseignement supérieur en Afrique centrale.

La Rédaction

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