Santé publique : la région du Littoral renforce la surveillance du Mpox

La réunion de coordination des services de santé de la région du Littoral s’est tenue du 29 au 31 janvier 2026 à la salle des fêtes d’Akwa, à Douala. La cérémonie officielle d’ouverture a eu lieu hier vendredi 30 janvier 2026, en présence du Dr Saurel Ngo’o Mebe, Délégué régional de la santé publique pour le Littoral, et de M. Aboubakary Haman Tchiouto, Secrétaire général des services du Gouverneur, représentant le Gouverneur de la région du Littoral.

Comme à l’accoutumée en début d’année, cette rencontre a permis aux acteurs du système de santé de la région sanitaire du Littoral d’évaluer les activités menées au cours de l’année écoulée et de définir les actions prioritaires à mettre en œuvre pour la nouvelle année. Les travaux étaient placés sous le thème : « La surveillance active des maladies à potentiel épidémique dans la région du Littoral : cas de la variole du singe ».

Situation épidémiologique du Mpox dans le Littoral

Pour ouvrir les travaux techniques, le Dr Mossi Makembe Hans, Coordonnateur régional de la lutte contre les épidémies et les pandémies, a présenté un exposé sur la surveillance des maladies à potentiel épidémique au Cameroun, avec un accent particulier sur le Mpox. Selon les données présentées, 61 cas suspects ont été détectés entre novembre et décembre 2025, avec 56 contacts identifiés, principalement dans les départements du Wouri et du Moungo.

Depuis la 47ᵉ semaine épidémiologique (autour du 13 novembre 2025), la région est officiellement en situation épidémique. À ce jour, cinq cas confirmés ont été enregistrés dans les districts de santé d’Akwa, Deïdo et Cité des Palmiers, avec plus de 50 contacts suivis quotidiennement. « Jusqu’ici, aucun contact suivi n’est devenu suspect. Toutefois, grâce à la sensibilisation communautaire, de nouveaux cas suspects continuent d’être signalés spontanément par les familles », a précisé le Dr Mossi Makembe Hans.

Défis opérationnels sur le terrain

Malgré ces avancées, plusieurs difficultés persistent. La détection précoce des cas en communauté demeure un défi, notamment dans les zones enclavées. Les équipes doivent effectuer des descentes de terrain pour les investigations, procéder aux prélèvements et assurer le transport des échantillons vers les laboratoires de référence.

La prise en charge des cas, surtout en milieu rural, pose également problème en raison des contraintes logistiques liées au transfert des patients vers les formations sanitaires dédiées. À cela s’ajoute une insuffisance de ressources humaines, déjà fortement sollicitées par la gestion simultanée d’autres épidémies, notamment la rougeole. « Nous ne gérons pas seulement l’épidémie de Mpox dans la région du Littoral, mais aussi celle de la rougeole depuis plusieurs mois. Il devient difficile pour les mêmes personnels de faire face à toutes ces urgences sanitaires », a souligné le coordonnateur régional. 

Parmi les recommandations formulées, l’une des plus importantes concerne la mobilisation des ressources financières au niveau local. Les participants ont insisté sur la nécessité pour les collectivités territoriales et les acteurs locaux de contribuer davantage au financement de la riposte, sans attendre exclusivement l’appui du gouvernement central.

Bien que le Mpox soit une maladie surveillée depuis plusieurs années avec des cas déjà enregistrés en 2022 , la situation actuelle suscite une vigilance accrue en raison du risque de transmission interhumaine, désormais observé dans certains foyers communautaires.

Une coordination essentielle pour une riposte efficace

Dans son allocution, le Dr Saurel Ngo’o Mebe a rappelé que la coordination des activités de santé est un devoir régalien, inscrit dans la vision du Ministre de la Santé Publique, Dr Manaouda Malachie. « Cette rencontre nous permet d’évaluer nos forces, nos faiblesses et de définir des perspectives claires pour la nouvelle année. Notre objectif est de renforcer la surveillance et de lutter efficacement contre le Mpox dans la région du Littoral », a-t-il déclaré.

Il a également félicité les équipes de terrain, notamment les agents communautaires et les structures opérationnelles, pour leur engagement. « C’est grâce à une surveillance active que nous détectons les cas. Sans surveillance, il n’y aurait pas de cas notifiés. Il faut cependant rappeler que plusieurs maladies se ressemblent cliniquement ; seule la biologie permet de confirmer s’il s’agit réellement du Mpox », a-t-il ajouté.

Appui de l’administration territoriale

Présent à la cérémonie, M. Aboubakary Haman Tchiouto, Secrétaire général des services du Gouverneur, a indiqué que sa participation visait à procéder au lancement officiel de la réunion de coordination de la Délégation régionale de la santé publique du Littoral. « Pendant trois jours, le délégué régional et ses collaborateurs vont examiner l’ensemble des problématiques liées à la santé publique dans la région, avec un accent particulier sur la surveillance de l’épidémie de la variole du singe », a-t-il précisé.

À l’issue des travaux, un rapport détaillé sera transmis à la hiérarchie technique et administrative, notamment au Gouverneur de la région, afin de rendre compte des conclusions et recommandations issues de cette rencontre stratégique.

Georges Potain

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