L’Union générale des travailleurs du Cameroun dénonce des irrégularités dans le scrutin des délégués du personnel et rejette l’arrêté ministériel qui la relègue à la troisième place. Une contestation qui révèle les fragilités de la numérisation du processus électoral syndical.
La polémique était prévisible. Au lendemain de la publication, le 27 janvier, du classement officiel des confédérations syndicales par le ministère du travail, l’Union générale des travailleurs du Cameroun (UGTC) a formellement contesté les résultats. En cause : un écart de près de 350 délégués entre les chiffres officiels – qui créditent l’organisation de 966 élus, soit 18,36 % des sièges – et ses propres décomptes, qui font état de 1 315 délégués.
« Ce qui est contraire aux résultats détenus par l’UGTC », a martelé Isaac Bissala, président de la centrale syndicale, qui a déposé une lettre de contestation sur le bureau du ministre. Une protestation formelle qui, à ce jour, demeure sans réponse de l’administration.
La plateforme PIGES dans le viseur
Au cœur de la controverse : la plateforme informatique gouvernementale PIGES 2025, censée centraliser les résultats des élections de délégués du personnel à travers le pays. L’UGTC dénonce une série de dysfonctionnements : résultats non intégrés, refus de listes par certains employeurs, absence de procès-verbaux dans plusieurs régions. Des anomalies qui, selon M. Bissala, confèrent aux chiffres publiés « un caractère partiel ».
La numérisation du processus électoral syndical, présentée comme une avancée vers plus de transparence, révèle ici ses limites. L’UGTC réclame désormais un délai supplémentaire pour permettre l’enregistrement des résultats manquants et la publication de chiffres provisoires, en attendant l’achèvement de toutes les opérations électorales prévues après le 13 janvier.
Cette contestation intervient dans un contexte de recomposition du paysage syndical camerounais, où les enjeux de représentativité déterminent l’accès aux instances de dialogue social et l’influence dans les négociations collectives. Le silence du ministère du travail face à ces accusations pourrait alimenter les tensions dans un secteur déjà marqué par la méfiance entre organisations syndicales et pouvoirs publics.

