Lutte contre l’onchocercose : percée scientifique camerounaise

Lutte contre l'onchocercose : percée scientifique camerounaise

Le professeur Joseph Kamgno annonce l’arrivée prochaine de l’Amoxidetie, un traitement prometteur contre la « cécité des rivières ». Une avancée majeure pour les 10 millions de Camerounais vivant en zone endémique.

C’est une lueur d’espoir dans le combat contre les maladies tropicales négligées. À l’occasion de la journée internationale consacrée à ces pathologies, célébrée le 30 janvier, le professeur Joseph Kamgno a dévoilé les résultats de plusieurs années de recherche : un nouveau médicament, l’Amoxidetie, sera déployé au Cameroun dès 2026 pour combattre l’onchocercose, maladie parasitaire transmise par la mouche noire qui affecte plus de 10 millions de personnes dans le pays.

« Un médicament beaucoup plus efficace », selon le chercheur, qui annonce un premier déploiement dans le district de Bafia, zone particulièrement touchée par cette affection également connue sous le nom de « cécité des rivières ». L’onchocercose, causée par un ver parasite, provoque des démangeaisons intenses et peut conduire à la cécité en l’absence de traitement.

De la thérapie à la prévention

L’innovation ne se limite pas au traitement curatif. Les équipes du professeur Kamgno ont également développé une approche préventive par la lutte anti-vectorielle, visant à « détruire les supports de ponte » des mouches porteuses du parasite. Cette stratégie a été déployée dans les départements du Mbam et du Nyong-et-Kellé, deux zones où la maladie reste endémique.

Cette percée scientifique s’inscrit dans un effort plus large de lutte contre l’ensemble des maladies tropicales négligées qui continuent d’affliger les populations camerounaises : filariose lymphatique, helminthiases, dracunculose (ver de Guinée), ulcère de Buruli. Des pathologies souvent oubliées des politiques de santé publique, malgré leur impact considérable sur les populations rurales et défavorisées.

L’ONG suisse Faimed, présente au Cameroun depuis près de six décennies, accompagne ces efforts en améliorant l’accès aux soins dans les communautés isolées. Une collaboration public-privé qui illustre la nécessité d’une approche multisectorielle pour venir à bout de ces fléaux sanitaires.

La Rédaction

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