Religion : Mgr André Jules Merlin Libam appelle à une renaissance spirituelle par l’honoration des saints africains

Lors d’une conférence de presse tenue hier vendredi 20 février 2026 au monastère de Yassa, dans l’arrondissement de Douala 3ᵉ, le Supérieur général de la Communauté monastique Saint Benoît le Thaumaturge de l’Église orthodoxe, Mgr André Jules Merlin Libam, a livré un message fort en faveur d’une rénovation de la pensée spirituelle africaine, centrée sur l’unité, la lumière et la reconnaissance des figures saintes locales.

Devant les hommes et femmes des médias réunis au monastère de Yassa, Mgr André Jules Merlin Libam a articulé son propos autour d’un principe fondamental : le développement véritable est d’abord spirituel avant d’être matériel. « Vous savez, quand on construit une maison, on commence d’abord par faire le plan de la maison, et le plan est spirituel », a-t-il déclaré.

Selon lui, l’Afrique ne pourra pleinement entrer dans un cycle de développement durable sans une réconciliation profonde avec sa dimension spirituelle. Il invite ainsi les fidèles à reconnaître « la lumière de sainteté » de leurs proches disparus ces hommes et ces femmes qui ont vécu, travaillé et œuvré pour la gloire de Dieu.

Lever les blocages spirituels

Pour le prélat, certains obstacles au développement trouvent leur origine dans un déficit spirituel : « Ce qui nous empêche aujourd’hui d’aller vers le plan de développement, c’est ce manquement qui existe dans les tombes. Nos esprits sont dans les tombes et nous n’arrivons pas à les invoquer, alors qu’ils peuvent nous apporter un plus. » Sa mission, affirme-t-il, est d’éclairer les hommes et de permettre à « la lumière cyclique » de descendre afin que les fidèles comprennent la dévotion authentique et renouent avec une vie chrétienne véritable, sans abandonner ceux qui ont travaillé pour la gloire de Dieu.

Prier les saints africains : une orientation pastorale assumée

Mgr Libam propose une orientation claire : encourager les Africains à prier leurs propres saints, à l’image de la tradition chrétienne qui invoque les saints reconnus par l’Église. Cette démarche est déjà mise en œuvre au sein de sa communauté et dans ses paroisses à travers des cellules de prière et un encadrement spirituel structuré. Une série de formations et de neuvaines spécifiques sera prochainement présentée lors d’une autre conférence de presse.

L’objectif est d’amener les fidèles à invoquer non seulement les saints universellement reconnus, mais aussi les figures saintes issues de leurs familles et de leurs pays, dans un cadre spirituel encadré par le magistère.

Une démarche en communion avec l’Église

Le Supérieur général insiste : cette initiative n’a rien de révolutionnaire. « Nous ne piétinons aucune loi universelle de l’Église, ni le magistère, ni la loi canonique. Mais nous existons en tant qu’Africains. Même si nous sommes dans l’Église, nous restons Africains, et nous devons honorer nos parents, comme la Bible nous y invite. » Pour lui, cette reconnaissance des figures saintes africaines s’inscrit dans la fidélité à l’enseignement chrétien et dans le respect des normes ecclésiales.

Une communauté engagée au service des plus vulnérables

La Communauté Saint Benoît le Thaumaturge se présente comme une institution à dimension internationale, engagée dans des causes sociales et évangéliques. Elle soutient notamment les orphelins et les personnes démunies, tout en poursuivant une mission d’évangélisation en communion avec plusieurs Églises canoniques. Son action vise à porter l’Évangile « jusqu’aux confins de la terre », dans un esprit d’unité et d’ouverture.

Un témoignage personnel de guérison

Évoquant son expérience personnelle, Mgr Libam a partagé un épisode marquant lié à l’invocation du père Mira Yebga, de regrettée mémoire. Alors qu’il traversait une période de grave maladie tout en poursuivant son ministère, il dit avoir prié et demandé l’intercession de cette figure spirituelle africaine.

Au cours d’un rêve, il se serait retrouvé dans un cercle où le père Mira Yebga l’aurait appelé, invité à s’agenouiller et lui aurait imposé les mains. « J’ai ressenti comme si un crabe marchait dans ma tête, puis il est parti. Il m’a dit : “Va continuer ta mission, je suis avec toi.” Je me suis réveillé, et la maladie avait disparu. » Pour le prélat, cette expérience confirme la force spirituelle de l’intercession des figures saintes africaines.

Au terme de cette rencontre avec la presse, Mgr André Jules Merlin Libam a lancé un appel à l’unité et à la redécouverte d’une spiritualité enracinée dans l’identité africaine et la foi chrétienne. Pour lui, la renaissance du continent passe par l’acceptation de cette lumière spirituelle, condition essentielle à tout véritable développement.

Georges Potain

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