BVMAC : « Ring the Bell for Gender Equality 2026 », un plaidoyer pour les droits et le leadership des femmes

La Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC), basée à Douala, a célébré hier vendredi 6 mars 2026 la 12ᵉ édition de l’initiative « Ring the Bell for Gender Equality ». Organisé en partenariat avec la Société Financière Internationale (IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale, cet événement a réuni plusieurs acteurs institutionnels et experts autour du thème : « Droits. Justice. Action. Pour toutes les femmes ». Cette rencontre a permis de mettre en lumière les avancées, mais aussi les défis liés à l’égalité des genres dans le monde professionnel et dans la société.

Dans une ambiance d’échanges et de réflexion, responsables institutionnels, acteurs du secteur financier et experts ont souligné l’importance de renforcer la place des femmes dans les sphères économiques et décisionnelles.

Pour Louis Banga Ntolo, la question de l’égalité entre les femmes et les hommes repose avant tout sur la notion d’équilibre. « Si l’on réclame l’égalité, cela signifie que nous sommes deux et que l’on a parfois l’impression que la balance penche davantage d’un côté que de l’autre. Il faut donc rééquilibrer pour parvenir à une véritable stabilité », explique-t-il.

Selon lui, cette célébration a également permis de mettre en lumière les nombreuses souffrances que les femmes endurent, mais aussi les droits qui leur sont reconnus par les lois, souvent méconnus par les principales concernées.

Le directeur général de la BVMAC a également rappelé le rôle fondamental des femmes dans la société. « Nous, les hommes, venons tous du ventre d’une femme. C’est notre maman. Même si elle est jeune, elle reste notre maman », a-t-il déclaré, invitant les entreprises à accorder davantage de place aux femmes dans leurs organisations.

Une présence féminine croissante dans la finance en Afrique centrale

Dans le secteur financier de l’Afrique centrale, les femmes occupent de plus en plus des postes de responsabilité. Une évolution que salue le directeur général de la BVMAC. « Au niveau de l’Afrique centrale, je peux dire que je suis assez satisfait. La régulatrice du marché financier est une femme et plusieurs sociétés de bourse et de gestion d’actifs sont dirigées par des femmes très compétentes », souligne-t-il.

Cette dynamique témoigne d’un progrès notable vers une meilleure représentativité des femmes dans les instances de décision économique.

Une initiative mondiale pour promouvoir l’égalité

L’initiative « Ring the Bell for Gender Equality », lancée en 2015, vise à sensibiliser les acteurs du secteur privé à l’importance de l’égalité entre les sexes, considérée comme un levier essentiel pour atteindre les Objectifs de développement durable. Elle est soutenue par plusieurs organisations internationales telles que UN Sustainable Stock Exchanges Initiative, UN Women, UN Global Compact et World Federation of Exchanges. La célébration organisée à Douala a pris la forme d’un fireside chat réunissant divers intervenants issus du monde juridique, institutionnel et financier.

L’implication des institutions publiques et du secteur privé

Parmi les intervenants figuraient plusieurs personnalités du monde judiciaire et des politiques publiques, notamment Christelle Tegomo et Berthe Hortense Kingué. Cette dernière a insisté sur la nécessité d’intégrer l’égalité des genres dans les politiques publiques. « Les institutions gouvernementales doivent travailler de concert avec le secteur privé afin de mettre en place des mécanismes et des programmes permettant aux femmes de s’épanouir », a-t-elle déclaré.

Les programmes de soutien aux femmes portés par l’IFC

Représentant la Société Financière Internationale, Charlotte Ndaw Sako a présenté les initiatives mises en œuvre par l’institution pour accompagner les entreprises dans leurs engagements sociétaux. « Nous avons des programmes de renforcement des capacités, ainsi que des initiatives de lutte contre les violences faites aux femmes », explique-t-elle.

Elle souligne également l’importance d’une gouvernance rigoureuse dans les entreprises. « Il faut être discipliné dans la gouvernance, dans la gestion des finances et dans la gestion des ressources humaines. »

Au sein même de l’IFC, l’égalité des genres constitue une priorité. « L’égalité des droits des femmes est très importante pour nous. Nous participons à cette initiative depuis plusieurs années et nous avons mis en place plusieurs programmes pour soutenir et accompagner les femmes. Dans mon équipe, près de 50 % de l’effectif est féminin », précise-t-elle.

« Quand une femme va bien, la famille va bien »

Pour Al-Nita Mouen, la question des droits des femmes doit être replacée au cœur des débats sociétaux. « Il est important de remettre au centre le thème que nous avons choisi : droits, justice et action. On parle souvent des devoirs, mais on oublie que nous avons aussi des droits. Ces droits nous apportent une certaine justice qui, par nos actions, peut transformer nos vies, celles de nos filles et de nos communautés », explique-t-elle.

Elle insiste également sur le rôle structurant des femmes dans les sociétés africaines. « Quand une femme va bien, la famille va bien, les foyers vont bien. Dans nos sociétés bantoues, la femme a toujours été au centre de l’évolution et de l’excellence de nos communautés », conclut-elle.

À travers cette 12ᵉ édition de « Ring the Bell for Gender Equality », la BVMAC et ses partenaires ont réaffirmé la nécessité de renforcer les actions en faveur de l’égalité des genres, en mobilisant aussi bien les institutions publiques que le secteur privé afin de garantir aux femmes toute la place qui leur revient dans le développement économique et social.

 

 

Georges Potain

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