Certificat de travail : un droit bafoué trop souvent ignoré

Certificat de travail : un droit bafoué trop souvent ignoré

Dans cette tribune, Paul Stéphane Menounga, politologue, rappelle que le certificat de travail, loin d’être une faveur, est une obligation légale au Cameroun. Un document simple mais essentiel, dont la non-délivrance met en lumière les défaillances de certaines pratiques patronales.

Le certificat de travail, une pièce fondatrice

À la fin d’un contrat de travail, qu’il se termine par licenciement, démission ou rupture conventionnelle, un document doit toujours accompagner le salarié : le certificat de travail. Bien plus qu’une formalité administrative, il constitue la trace officielle d’un parcours professionnel et sert d’outil de reconnaissance pour l’avenir. Il ouvre la voie à de nouveaux emplois, à des droits symboliques comme la médaille du travail et participe à la dignité du travailleur.

Ce que dit la loi

Le Code du travail camerounais est clair. L’article 44 alinéa 1 stipule que l’employeur a l’obligation, « au moment du départ », de remettre au salarié un certificat indiquant la date d’entrée, la date de sortie, ainsi que la nature et les périodes des postes occupés. Toute omission est passible d’une amende allant de 100 000 à 1 000 000 FCFA (article 67 alinéa 1 de la loi n°92/007 du 14 août 1992). La loi ne laisse aucune place au doute : ce droit n’est ni négociable, ni facultatif.

Les dérives constatées

Pourtant, dans la pratique, nombre d’employeurs rechignent à délivrer ce document, parfois par négligence, parfois par stratégie punitive envers un salarié sur le départ. Cette rétention est une faute grave, car elle entrave la mobilité professionnelle et nourrit un climat d’injustice au sein des entreprises. L’absence de certificat empêche le travailleur de valoriser son expérience, voire d’accéder à de nouvelles opportunités.

Un enjeu de dignité sociale

Le certificat de travail est une passerelle entre le passé et l’avenir professionnel du salarié. Il ne coûte rien à l’entreprise mais pèse lourd dans la trajectoire d’une carrière. Ne pas le délivrer, c’est nier l’apport du travailleur, c’est invisibiliser son engagement. Dans un pays où l’emploi est un combat quotidien, il est urgent que les employeurs respectent scrupuleusement cette obligation légale et morale.

Par Paul Stéphane Menounga, politologue

La Rédaction

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