Tournant décisif dans l’affaire Martinez Zogo. L’ouverture des débats au Tribunal militaire de Yaoundé, ce lundi, a été marquée par le rejet de la demande de huis clos partiel formulée par la défense de l’État. Les premiers témoignages, poignants et détaillés, dessinent peu à peu les contours d’une vérité longtemps attendue.
La juridiction militaire a choisi la transparence. Les débats se dérouleront publiquement, malgré les arguments invoquant la protection de « secrets d’État ». Cette décision a ouvert la voie à une série de témoignages scrutés par l’opinion. Désormais, chaque voix qui se fait entendre dans l’enceinte du tribunal contribue à éclairer une affaire qui secoue le Cameroun depuis janvier 2023.
Le récit glaçant du jeune explorateur
Premier témoin à comparaître, Jean-Léonard Ekoto, 25 ans, a été l’« éclaireur » malheureux de cette tragédie. C’est lui qui, le 21 janvier 2023, avait découvert le corps de Martinez Zogo sur un site d’extraction de latérite à Ebogo, près de Soa. Trois heures durant, il a décrit avec précision la scène macabre, ses pas hésitants et sa stupeur face à l’horreur, avant d’alerter le chef du village. Son témoignage, ponctué de questions incisives, a permis de reconstituer le basculement d’une affaire qui allait bouleverser le pays.
Le chef d’Ebogo à la barre
Après le jeune témoin, la parole revient au chef traditionnel d’Ebogo, Godefroy Nkodo. Son rôle dans les premières heures suivant la découverte du corps est crucial. Sa version des faits, attendue avec solennité, devrait compléter la trame de cette enquête au retentissement national.
Une longue liste de témoins à venir
Le ministère public a cité 45 témoins. Après les deux premiers, il en reste 42 : enquêteurs de la commission mixte police-gendarmerie, experts en télécommunications, médecins légistes, journalistes… autant de maillons essentiels dans la quête de vérité. Chaque déposition ajoute une pièce au puzzle judiciaire, alors que l’opinion publique, suspendue aux audiences, espère voir la lumière jaillir des ténèbres.

