Un décret présidentiel, signé le 1er septembre 2025, fixe au 30 novembre prochain la tenue de la deuxième élection régionale de l’histoire du Cameroun. 900 conseillers régionaux seront élus pour incarner la voix des territoires, entre représentants politiques et chefs traditionnels, au service du développement local et de la gouvernance régionale.
Cinq ans après le scrutin inaugural de 2020, le Cameroun s’apprête à vivre un nouveau rendez-vous avec la décentralisation. Par ce décret présidentiel, Paul Biya convoque le collège électoral et met en marche une mécanique institutionnelle qui doit renforcer le rôle des collectivités territoriales.
Les électeurs concernés – conseillers municipaux et chefs traditionnels – seront appelés à voter dans les chefs-lieux de départements, pour désigner ceux qui piloteront l’avenir régional au cours des prochaines années.
900 conseillers pour porter la voix des territoires
L’élection permettra de renouveler 900 sièges de conseillers régionaux, soit 90 par région. Le dispositif prévoit une répartition équilibrée : 70 délégués des partis politiques, chargés de représenter le pluralisme démocratique, 20 représentants du commandement traditionnel, garants de l’ancrage culturel et coutumier.
Cette dualité illustre une volonté de marier modernité politique et héritage traditionnel, afin d’offrir aux régions un leadership enraciné dans la diversité.
Un enjeu majeur pour la décentralisation
Plus qu’une formalité électorale, ce scrutin se veut une étape cruciale dans la mise en œuvre effective de la décentralisation. Les conseillers régionaux auront pour mission de concevoir et piloter des projets répondant aux besoins locaux, adapter les politiques nationales aux réalités de terrain et être des relais entre l’État central, les communes et les communautés.
La réussite du processus dépendra de deux piliers : la participation active des électeurs et la transparence de l’organisation. Deux conditions nécessaires pour donner aux conseils régionaux toute leur légitimité et assurer la confiance citoyenne.
Gouvernance locale : un défi de fond
Au-delà des chiffres, cette élection reflète l’ambition de rapprocher l’État des citoyens et donner aux régions la capacité d’influencer leur propre développement. Dans un pays marqué par la diversité culturelle et géographique, la consolidation de cette architecture régionale sera scrutée de près par les observateurs politiques comme par les populations.

