Écoles clandestines et matricule unique : le secteur privé interpelle Nalova Lyonga

Ecoles clandestines et matricule unique : le secteur privé interpelle Nalova Lyonga

À une semaine de la rentrée scolaire, le secteur privé de l’enseignement secondaire a tenu une rencontre musclée avec la ministre des Enseignements secondaires à Douala. Au menu, la lutte contre les établissements clandestins, les défis liés au matricule unique des élèves, et l’appel à une meilleure synergie entre État et promoteurs d’écoles.

Dans une salle chauffée par les préoccupations, les promoteurs d’établissements privés ont échangé, lundi 01er septembre à Douala, sans détour avec Nalova Lyonga, ministre des Enseignements secondaires. Si tous reconnaissent l’importance du partenariat public-privé dans l’éducation, les doléances fusent.

Le problème des écoles clandestines est au cœur des discussions, perçu comme un poison qui mine la crédibilité du système éducatif.

Les clandestins, « interdits d’interdire »

Les acteurs privés dénoncent l’impuissance des mesures administratives. « Il y a des équipes qui descendent pour apposer des scellés mais curieusement une semaine après ces scellés sont brisés. Qui doit agir ? (…) Tout se passe comme si les ministres de l’Éducation étaient interdits d’interdire », déplore Barthélémy Bassong, secrétaire national à l’éducation de l’enseignement privé laïc.

Même constat du côté du gouverneur du Littoral, Dieudonné Ivaha Diboua, qui pointe des trafics d’influence et des calculs politiques : «Quand on ferme un établissement et que les scellées sont brisées ou alors que les réclamations arrivent, on vous dit : monsieur cet établissement là on n’avait pas vu son dossier au ministère entrain d’être approuvé, le courrier est arrivé et madame le ministre va envoyer une réaction par la suite. On vous embrouille et c’est très facile. Quand on ouvre c’est…vraiment on est en période électorale…C’est les voix qu’on va perdre…C’est le désordre qui va s’installer…il faut qu’on soit conséquent  ».

Des lycées aussi concernés

La critique va plus loin : certains lycées publics seraient eux-mêmes « clandestins » par leurs effectifs pléthoriques. « Le ministère avait fixé un maximum de 60 élèves par classe. Nous avons des salles qui accueillent 150, parfois 180 élèves », s’indigne Jean Nyamsi, promoteur d’établissement privé.

Une situation qui fragilise la qualité des apprentissages et pousse le secteur privé à réclamer plus de rigueur.

Le défi du matricule unique

Autre sujet sensible, l’arrimage des écoles privées au matricule unique pour chaque élève, un outil censé moderniser la gestion du système éducatif. Mais les difficultés techniques persistent. « Le problème de réseau bloque parfois la plateforme, au point où il faut travailler la nuit », confie un promoteur.

Le mot de la ministre : transparence et clean school

Face à ce flot de critiques, Nalova Lyonga se veut pragmatique « C’est un très grand sujet. Le phénomène d’établissements clandestins est très enraciné. Mais les causes sont désormais mises en lumière, et le gouvernement, avec les autres acteurs, va s’y pencher pour y faire face. »

La rencontre s’achève sur une note positive avec la promotion du concept « Clean School » : toilettes propres, aires de jeu et cadre assaini, pour un équilibre entre confort et enseignement.


La Rédaction

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