Bamenda : le maire défie le lockdown imposé par les séparatistes

Bamenda : le maire défie le lockdown imposé par les séparatistes

Alors que Bamenda se trouvait paralysée par un confinement imposé par les groupes séparatistes, le maire Paul Achobong Tambeng a pris les devants mardi 09 septembre. En tête d’un cortège impulsif de mototaximen, il a brisé le silence pesant dans les rues désertes de la capitale régionale du Nord-Ouest.

Ce mardi matin, Bamenda semblait soumise à une atmosphère d’intimidation. Commerces fermés, habitants terrés chez eux. Pourtant, le maire émerge, à moto, en tête d’un cortège vibrant. Klaxons et moteurs rugissants résonnent à travers les quartiers vidés, annonçant un défi clair aux appels à la peur promus par les sécessionnistes.

Au cœur de la démonstration, la Commercial Avenue devient scène d’un rassemblement symbolique. Des mototaximen s’amassent autour du maire. Paul Achobong Tambeng y invite les citoyens à ne pas se courber sous la peur.

Crise anglophone : contexte et raisons sous-jacentes

Cette prise de position trouve un écho particulièrement fort dans un contexte fragile et chargé. Ce qui débute fin 2016 comme des manifestations pacifiques d’avocats et d’enseignants réclamant une reconnaissance linguistique et culturelle se mue rapidement en conflit armé. Les séparatistes proclament l’indépendance de « l’Ambazonie » en 2017, marquant un tournant radical.

Les régions anglophones, se considérant exclues du cœur administratif et économique du Cameroun francophone, expriment un sentiment de citoyenneté de « seconde zone ». Les premières protestations pacifiques se transforment en violence armée, les groupes séparatistes se structurant mais restant peu équipés au début, avant de radicaliser leurs actions et étendre leur contrôle. Le conflit a généré une crise humanitaire majeure, avec des centaines de milliers de déplacés internes impactés par la violence et les restrictions associées.

Une initiative locale face aux tensions

Dans le tumulte de ce conflit persistant, l’action du maire de Bamenda prend tout son poids : Briser le silence imposé par les factions armées, même si la population reste majoritairement cloîtrée chez elle par crainte de représailles. Rappeler l’existence d’un pouvoir municipal capable, seul, de réaffirmer la présence de l’État et des services publics essentiels face à la désertion organisée. Mais aussi offrir un exemple de courage civique avant tout, un répit symbolique dans une crise qui n’en présente peu.

La Rédaction

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