Pluies battantes, rues enclavées et cris d’élèves. Ce mardi matin, le quartier Bois des Singes à Douala a été le théâtre d’une marche inattendue : des centaines d’élèves se sont retrouvés dans la rue après la fermeture de leurs établissements jugés clandestins par la sous-préfecture de Douala 3.
Ce sont au total trois établissements scolaires du quartier Bois des Singes qui ont été vidés de leurs élèves. Des scellés y ont été apposés par les autorités administratives, mettant un terme provisoire à leur rentrée scolaire. Les parents, eux, peinent à trouver les mots.
« Comment on met nos enfants dehors alors que l’école a commencé? J’implore les autorités de trouver un moyen de laisser nos enfants continuer les cours et résoudre ce problème autrement » lance un parent.
Un quartier enclavé, des déplacés vulnérables
Situé dans l’arrondissement de Douala 2, le quartier Bois des Singes abrite une forte concentration de déplacés internes venus du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Les trois collèges fermés bénéficiaient jusqu’ici d’une tolérance administrative, offrant une solution éducative à des familles fragilisées par la crise.
« Ce n’est pas cette année que ces écoles exercent mais depuis 10 ans. Ces élèves ont eu leurs examens ici. Je ne sais pas pourquoi cette année ça se passe de cette façon» s’interroge Patient Billa Billa, chef du quartier Bois des singes.
Un phénomène plus large
Le cas de Bois des Singes n’est que la partie émergée de l’iceberg. Selon les chiffres communiqués avant la rentrée, 70 établissements scolaires dits “clandestins” ont été recensés à Douala. Les autorités justifient ces fermetures par la volonté de sécuriser l’espace éducatif et de garantir des standards de qualité. Mais pour les parents et les élèves concernés, le vide reste immense.
« S’il vous plaît nous ne voulons pas passer une année blanche. Et en plus nos parents ont payé la pension » supplie une élève

