Pour 100 francs CFA, un plat chaud — sauce tomate et okok — réconforte les plus démunis du PK12 ce dimanche. Lancée en 2020, l’initiative Les Repas du Cœur parcourt les villes du Cameroun pour offrir un repas décent aux couches vulnérables et lutter contre la vie chère.
À PK12, le flot habituel du marché se transforme en file d’attente conviviale. Sous un chapiteau improvisé, des marmites fument et répandent l’odeur chaude de la sauce tomate mélangée à celle, plus herbacée, de l’okok. Pas de carte, pas de reçus. Ici, 100 francs CFA suffisent pour s’offrir un repas qui remet la chaleur au cœur des estomacs et de la dignité dans les gestes.
Un concept simple, un impact immédiat
Le concept est simple et puissant, rendre accessible un repas décent aux familles frappées par la montée des prix. Ce dimanche, le restaurant éphémère a attiré petits curieux et travailleurs pressés, mais aussi des mères et des retraités qui, pour un instant, voient leurs inquiétudes apaisées par une assiette. « J’apprécie le beau geste. Vu que les temps sont devenus durs dans notre pays, quand on voit ce type de concept ça fait énormément plaisir », confie un habitant du quartier.
Solidarité organisée : parole du promoteur
Derrière l’opération, Georges Eyidi explique la philosophie : « On sait que le panier de la ménagère est assez élevé. Il fallait donc mettre en place une intelligence qui vient répondre à cette problématique. Nous avons pensé qu’il fallait exprimer notre solidarité à travers une action qui va apporter un début de solution à nos concitoyens. » Son discours place la solidarité non comme un geste ponctuel, mais comme une réponse pratique à une crise quotidienne.
Les freins d’un modèle vertueux
Malgré la générosité du geste, la structure bute sur des contraintes logistiques. « Nous en produisons 100, 150 pour les dimanches sans fin. Mais l’objectif c’est d’en produire beaucoup plus. On peut réussir à travers la contribution des élites et des pouvoirs publics », admet le promoteur. Approvisionnement, stockage, hygiène et financement restent des défis pour rendre l’action durable et scalable.
Un appel à la mobilisation
Pourtant l’impact local est tangible : un plat à 100 FCFA, c’est parfois la différence entre une journée de travail difficile et une force retrouvée. Les Repas du Cœur incarnent une réponse sociale de terrain — modeste mais symbolique — qui appelle désormais à des partenaires pour transformer une belle idée en solution pérenne.

