La province du Kasaï en RDC reste sous surveillance. Depuis le 15 septembre, onze nouveaux cas confirmés ont été recensés dans la zone de santé de Bulape. L’épidémie, qui touche six aires de santé, a déjà fait 35 victimes, dont plusieurs agents de santé.
Une épidémie localisée mais meurtrière
Dans les aires de santé de Bambalaie, Bulape, Bulape Communautaire, Dikolo, Ingongo et Mpianga, les chiffres inquiètent malgré un ralentissement. Au 21 septembre, 57 cas ont été signalés, dont 47 confirmés et 10 reclassés comme probables après vérification. Avec 35 décès, la létalité atteint 61,4 %, un taux alarmant qui témoigne de la gravité de la situation.
Des populations vulnérables en première ligne
L’épidémie ne fait pas de distinction, mais certaines catégories sont particulièrement exposées. Les enfants de 0 à 9 ans représentent 23 % des cas. Les femmes, qui concentrent 61 % des infections, affichent un taux de létalité de 56 %, tandis que chez les hommes, il grimpe à 73 %. Agriculteurs, femmes de ménage et enfants constituent le cœur des populations vulnérables. Même le personnel soignant n’est pas épargné, avec cinq cas recensés.
Vigilance et riposte en cours
Si la courbe semble amorcer une baisse, les autorités sanitaires rappellent que la vigilance reste impérative. Des mesures de riposte sont déployées : détection précoce, isolement des malades, suivi des contacts, vaccination et campagnes de sensibilisation auprès des communautés. Dans chaque aire de santé concernée, la mobilisation locale s’ajoute aux efforts de communication pour freiner la propagation.
Un équilibre fragile
La situation à Bulape illustre la fragilité des zones rurales face aux flambées épidémiques. Chaque nouveau cas rappelle l’urgence de maintenir une réponse coordonnée et d’intensifier la prévention. Car si les chiffres baissent, la menace reste réelle : le moindre relâchement pourrait rallumer la flamme de l’épidémie au cœur du Kasaï.

