De Yaoundé à Douala, la filière cacao affine ses armes pour rester compétitive. Coopératives, État et partenaires se serrent les coudes afin que l’or brun camerounais reste traçable, respectueux de l’environnement et conquérant sur les marchés mondiaux.
Un atelier qui sème des graines d’avenir
Le 25 septembre dernier, l’Hôtel Djeuga Palace de Yaoundé a abrité un atelier national de validation des besoins des coopératives cacaoyères. Sous la houlette du Ministère de l’Agriculture et du Développement rural (MINADER), avec l’appui technique de la FAO et le financement de l’Union européenne, la rencontre a posé les bases d’un cacao camerounais plus vert, plus compétitif et plus durable.
Cet atelier s’inscrit dans le cadre du Programme Cacao Durable de l’UE, en réponse au règlement 2023/1115 qui impose traçabilité et lutte contre la déforestation. L’étude a identifié les besoins des coopératives dans les cinq bassins de production : Centre, Sud-Ouest, Littoral, Sud et Est.
Trois cartes maîtresses dans le jeu du cacao
Après une première étape à Douala, les acteurs réunis à Yaoundé ont validé trois outils stratégiques : un recueil des besoins des coopératives, un plan de renforcement des capacités et un plan d’investissement Cocoa Action 8.
Ces documents sont comparables à une boussole : ils guident les producteurs vers la conformité aux normes internationales, en particulier celles du cacao « zéro déforestation ».
Gagner la bataille des marchés
Le MINADER a rappelé que les bonnes pratiques agricoles sont le socle pour préserver les marchés extérieurs. Derrière les normes se joue aussi une bataille économique : mieux valorisé, le cacao camerounais a déjà vu son prix grimper, au grand bonheur des coopératives.
La FAO salue cette dynamique, inscrite dans ses « quatre meilleurs » : “Better production, better nutrition, better environment, better life”.
L’or brun entre vigilance et espoir
Les experts préviennent toutefois : un relâchement de la vigilance pourrait ramener le pays en arrière. Mais l’atelier s’est clos sur une note d’optimisme : producteurs, institutions et partenaires veulent écrire ensemble un nouveau chapitre, où le cacao camerounais restera ce qu’il a toujours été — un or brun convoité, mais désormais durable et traçable.

