Le Premier ministre Joseph Dion Ngute a lancé, le 24 septembre 2025 à Martap, les travaux d’exploitation industrielle de la bauxite de Minim-Martap. Un projet colossal, estimé à 16 milliards de dollars, qui ambitionne de transformer l’Adamaoua en pôle minier stratégique et de repositionner le Cameroun sur la carte mondiale de l’aluminium.
Une première pierre qui change l’histoire
Devant les autorités traditionnelles, politiques et économiques, le chef du gouvernement a posé la première pierre du projet, représentant personnel du président Paul Biya. Les premiers minerais de bauxite devraient sortir des sols de Martap dès juin 2026. Pour les populations de l’Adamaoua, ce moment marque le passage d’un rêve ancien à une réalité industrielle.
Un gisement stratégique pour le Cameroun
Selon les données consolidées, les réserves de bauxite Minim-Martap dépassent 99 millions de tonnes, avec une teneur en alumine de 51%. L’exploitation industrielle devrait produire environ 5 millions de tonnes par an, pendant vingt ans. Camalco SA, filiale du groupe Canyon Resources, détient le permis d’exploitation et prévoit de développer d’importantes infrastructures de transport, dont 600 km de chemin de fer reliant Makor à Douala, appuyés par 29 locomotives et 560 wagons.

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Des retombées économiques et sociales majeures
Le projet, estimé à 16 milliards de dollars, comprend : la construction d’une raffinerie d’alumine (2 milliards de dollars), la création de 1 000 emplois directs et indirects et des investissements sociaux : hôpital de référence, école moderne à Martap, marché ultra-moderne à Minim.
Les communes locales bénéficieront des taxes à l’extraction, tandis que l’industrie camerounaise aura accès à 15% des matières extraites pour renforcer la chaîne de valeur aluminium.
Une opportunité mais aussi des attentes
Si les populations saluent ce projet porteur d’emplois et de richesses, elles exigent que les compétences locales soient prioritaires, notamment les diplômés de l’École de géologie et d’exploitation minière de Meiganga. Des voix rappellent également l’importance du respect du plan de gestion sociale et environnementale par Camalco.
« Martap est désormais la capitale de la bauxite au Cameroun », a déclaré Joseph Dion Ngute, soulignant que ce projet incarne la politique de diversification économique et la volonté de bâtir une industrie locale forte et durable.
ERIC NGUELE

