Canton Bell : la chefferie indignée par l’action de l’Etat envers sa population

 Canton Bell : la chefferie indignée par l’action de l’Etat envers sa population

Jean Yves Eboumbou Bell, chef canton bell

Suite au déguerpissaient des habitants de la zone Dikolo, dans le Canton Bell, le chef Jean-Yves Eboumbou Douala Manga Bell, s’est prononcé sur les actes inhumains que sa population subit depuis longtemps.

Face à la presse ce lundi 16 mai 2022, le chef du Canton Bell, dénonce le délogement abusif de sa population, l’exploitation des terres au détriment d’un soit disant investissement économique, la falsification des documents dans le but d’exploiter les terres. Il juge en effet cet acte d’inhumation et demande l’application des textes relevant des populations autochtones.

Selon lui, depuis 2015, sa population est tourmentée suite à un projet de construction d’un domaine de l’hôtel Hilton, dans la ville de Douala. Cet ouvrage, qui devait être construit, empiétait sur les terres du canton. Ainsi, plusieurs démarches avaient été entreprises. Le canton Bell avait fait appel aux leaders politiques, aux députés du Wouri, et plusieurs autorités dans le but de trouver un arrangement et de faire comprendre à l’Etat que cette initiative empiète sur des terres habitées. Des démarches qui semblaient avoir abouti, aujourd’hui la population se retrouve dans la rue, chassée de sa terre et menacée par les autorités administratives. Pour le Chef « trop, c’est trop », la goutte d’eau a débordé le vase.

En effet, face à la presse, le chef a interpellé l’administration, et le plus haut sommet de l’Etat, à revoir cet acte qualifié d’inhumain. Selon le chef Douala Manga Bell, du Canton Bell, « le seuil de l’inadmissible et de l’intolérance est atteint. Et tout ceci ne peut engendrer que de l’amertume dans les cœurs, de la rancœur, de la désobéissance, de la haine et de la défiance envers l’administration ». Pour le gardien des traditions, « rien ne sera plus comme avant », il est temps que cela cesse.

Il faut noter que, les populations de Dikolo, Bali et bien d’autres ont vu leur domicile détruit par des engins il y a de cela quelques jours. Les populations affaiblies par le contrôle des agents de sécurité mis sur place par l’administration, n’ont pas pu arrêter le carnage. Un acte qui déplaît fortement sa majesté Jean-Yves Douala Manga Bell.

Courroucé, le chef, n’a pas pu cacher sa colère sous un ton posé, mais très crus. « J’exprime tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. J’attire l’attention de ceux qui me maltraitent et me prennent pour le bouc-émissaire de ces décisions prises au-delà de moi… J’en appelle l’Etat à respecter ses textes législatifs et les traités relatifs aux minorités et aux populations autochtones, sans changer les textes pour obtenir un avantage contre le bien de la population », a-t-il déclaré.

Il faut dire que, depuis près de 8 ans, ce Canton est menacé de déguerpir de tout les côtés. Et sa disparition de la carte de Douala semble se dessiner, selon les dires du Chef du Canton. Une situation qui semble pour d’aucune normale, mais peut engendrer une révolution et conduire à une rébellion si rien n’est fait. En attendant une issue de sortie, les regards sont tournés vers l’Etat pour une réponse avenir.

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