Crise russo-ukrainienne : péril sur l’approvisionnement du Cameroun en blé

 Crise russo-ukrainienne : péril sur l’approvisionnement du Cameroun en blé

blé – terre-net

Dès l’envahissement de l’Ukraine par la Russie, le cours mondial du blé a connu une hausse exponentielle, culminant à 344 euros la tonne jeudi 24 février 2022. Si la situation perdure, cette augmentation qui vient se greffer à une situation déjà précaire, va sans aucun doute, durcir un peu plus les conditions d’approvisionnement du Cameroun en blé.

Au-delà des pertes en vies humaines induites par ce qu’il convient désormais d’appeler la «Crise ukrainienne», les gouvernements mondiaux redoutent également une envolée des prix des matières premières, notamment le blé. Il ne s’agit même plus de simples conjectures. Quelques heures après l’envahissement de la Russie par l’Ukraine, le prix du blé a connu une ascension détonante, culminant à 344 euros la tonne, jeudi 24 février 2022 à 22h44, indique la société de courtage Plantureux et Associés. Un chiffre inédit jamais  atteint jusqu’ici, même en 2014, après l’annexion de la Crimée par l’armée russe. Le cours de cette denrée de première nécessité a ensuite baissé, se maintenant tout de même à 320 euros la tonne sur l’échéance de mars. Ces fluctuations aux tendances haussières préoccupent instamment les traders mondiaux. Surtout que la Russie et l’Ukraine représentent 29% des exportations mondiales de blé. Des inquiétudes davantage accentuées par des mouvements inhabituels près des frontières des deux pays «l’intensification des tensions a déjà poussé certain acheteurs a détourné des navires vers d’autres fournisseurs, craignant que la guerre entraine de longs retards de chargements», révèlent des traders interrogés par l’Agence de presse américaine Reuters.

Au Cameroun, le Groupement des industries meunières (GIMC), principal importateur de blé, craint également le pire. Même si pour le moment, il avoue qu’il est difficile de savoir si la situation précaire décrite plus haut, va perdurer. «La réaction est pareille dans tous les pays. Ça va dépendre de la manière dont la situation va continuer en Russie. Pour le moment on ne peut encore rien dire. On ne peut que craindre le pire. Est-ce qu’on arrivera à charger les navires ? Est-ce qu’on arrivera à les décharger ? Ce sont des questions que tout le monde se pose. Vous savez jusqu’ici il y avait risque de guerre, maintenant la guerre est là. Qu’est-ce que ça va engendrer ? Est-que les russes vont permettre que les navires rentrent sur leur territoire ? Ou ressortent comme ils veulent ? Tout ça ce sont des points d’interrogation. On ne peut vraiment rien affirmer pour le moment», a indiqué Alfred Momo Ebongue, Secrétaire général du Groupement des industries meunières du Cameroun.

Bien qu’il soit encore très tôt pour mesurer l’impact que pourrait avoir cette guerre entre deux des plus grands exportateurs mondiaux de blé sur l’approvisionnement du Cameroun en cette denrée, le conflit qui les oppose intervient au moment où le pays a des difficultés à trouver des solutions efficientes pour satisfaire les exigences nationales. D’ailleurs, tout récemment, bien avant l’avènement du conflit russo-ukrainien,  le Groupement des industries meunières du Cameroun avait saisi le gouvernement par voie de correspondance, pour solliciter la levée de certaines contraintes à l’importation du blé, qui connaissait alors une hausse quasi régulière à l’international. Finalement ce syndicat  qui revendique 70% du marché national de la farine avait décidé de suspendre la livraison de blé et de son de blé sur toute l’entendue du territoire. Une mesure que les meuniers ont justifiée en convoquant l’insuffisance des décisions prises par l’Etat pour  les contenter. Nul doute que si la guerre entre l’Ukraine et la Russie perdure, et que les navires refusent toujours d’accoster en Russie (l’un des principaux  fournisseurs du Cameroun en blé) comme indiqué plus haut, les importateurs devront trouver de nouveaux fournisseurs. Ce qui induira certainement de nouvelles dépenses, dont la nature reste à déterminer.

SOURCE : ecomatin.net

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