Cameroun : l’ambassade des États-Unis condamnée pour licenciement abusif

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Un jugement historique vient de tomber à Yaoundé. Le Tribunal de grande instance du Mfoundi a condamné l’Ambassade des États-Unis pour licenciement abusif d’un employé camerounais, Julius Banka. Une première dans la jurisprudence nationale, qui réaffirme la primauté du droit face aux missions diplomatiques.

Le 8 septembre 2025 restera comme une date marquante dans les annales judiciaires. Après sept longues années de procédure, le juge Achille Owondja a estimé que le licenciement de Julius Banka constituait une rupture de contrat arbitraire. L’Ambassade américaine a été condamnée à verser des réparations, un verdict accueilli avec soulagement et ferveur par l’équipe de défense du plaignant.

Une victoire contre l’immunité absolue

Pour les juristes présents à l’audience, cette décision est sans précédent. Elle consacre un principe clair : une mission diplomatique opérant au Cameroun ne bénéficie pas d’une immunité absolue lorsqu’elle viole les droits des travailleurs locaux. Un signal fort adressé non seulement aux représentations étrangères, mais aussi aux multinationales installées dans le pays.

Le combat d’un homme et la résilience d’une vie

Employé pendant neuf ans et quatre mois comme responsable d’entrepôt et des services généraux, Julius Banka a vécu son licenciement comme une descente aux enfers. Entre « traumatismes, tribulations et terribles épreuves », il a frôlé le désespoir. Mais soutenu par ses avocats, menés par le bâtonnier James F. Epo, il a tenu bon. Ses larmes de joie à l’annonce du verdict symbolisent la victoire de la résilience sur l’injustice.

Cette affaire met aussi en lumière les lenteurs judiciaires et les zones d’ombre entourant la procédure. Trois ministères ont été cités – Relations extérieures, Justice et Travail – avec des soupçons de blocage. Mais au final, la décision réaffirme la responsabilité de l’État dans la protection de ses citoyens et son obligation de garantir un environnement de travail équitable.

Une jurisprudence qui ouvre la voie

Pour les experts, l’« affaire Banka contre l’Ambassade des États-Unis » fera jurisprudence. Elle établit que les lois sociales camerounaises s’appliquent à tous les employeurs, qu’ils soient locaux ou étrangers. Une avancée qui pourrait renforcer la confiance des travailleurs et redonner vigueur aux combats pour les droits sociaux.

La Rédaction

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