À l’occasion de la 25e journée mondiale du braille, des professionnels handicapés visuels ont témoigné de leurs parcours devant un public de jeunes, démontrant que la maîtrise de ce système d’écriture tactile demeure une clé d’insertion sociale et professionnelle.
Gabriel est enseignant de philosophie. Somb Lingom exerce le métier de journaliste. Une gendarme, qui a perdu la vue, a pu se réinsérer dans sa profession. Trois parcours, trois métiers différents, mais un dénominateur commun : le braille. Ce système de signes en relief, inventé au XIXe siècle par Louis Braille, constitue pour ces Camerounais déficients visuels bien plus qu’un outil de lecture. Il représente une véritable passerelle vers l’autonomie et la reconnaissance professionnelle.
Mardi 7 janvier, le Cercle des jeunes aveugles réhabilités du Cameroun (CJARC) a organisé une conférence-témoignage réunissant élèves, étudiants et professionnels aveugles ou malvoyants. L’événement s’inscrivait dans le cadre de la journée mondiale du braille, célébrée chaque 4 janvier, avec pour thème cette année : « Témoin et transmetteur : le braille comme moteur d’inclusion entre journalisme et enseignement. »
Des modèles de réussite face à la jeunesse
Les intervenants, considérés comme des modèles de réussite au sein de leur communauté, ont partagé leurs expériences devant un auditoire attentif. Pour Gabriel, professeur de philosophie, le braille demeure « l’allié » indispensable qui lui permet de transmettre son savoir aux élèves. La gendarme, quant à elle, a évoqué son parcours de réinsertion après la perte de sa vue, un chemin rendu possible grâce à l’apprentissage et surtout à la maîtrise de ce système d’écriture tactile.
Au-delà des témoignages, la rencontre a également mis en lumière les talents artistiques de musiciens handicapés visuels, offrant une vision plus large des possibilités d’épanouissement personnel et professionnel. L’objectif affiché par le CJARC était de démontrer que le braille n’est pas seulement un code de lecture, mais une véritable porte ouverte sur l’insertion socioprofessionnelle.
Un enjeu d’inclusion toujours d’actualité
Si les technologies numériques offrent aujourd’hui de nouveaux outils d’accessibilité aux personnes déficientes visuelles, le braille conserve une place centrale dans leur éducation et leur autonomie. Au Cameroun comme ailleurs en Afrique, l’accès à l’apprentissage du braille et aux supports adaptés reste un défi majeur, particulièrement dans les zones rurales où les infrastructures spécialisées font défaut.
Cette 25e édition de la journée mondiale du braille rappelle que l’inclusion des personnes handicapées visuelles passe d’abord par la transmission des savoirs et le partage d’expériences. En donnant la parole à ceux qui ont réussi à s’insérer professionnellement, le CJARC souhaite encourager les jeunes générations à persévérer dans leur apprentissage et à croire en leurs capacités.

