Cameroun : les quotas communautaires, la grande réforme envisagée par Cabral Libii

Cameroun : les quotas communautaires, la grande réforme envisagée par Cabral Libii

Le président du PCRN, Cabral Libii, dévoile une réforme audacieuse. Celle de soumettre entreprises privées et établissements publics à un strict respect de quotas communautaires dans le recrutement. Objectif, favoriser la diversité, corriger les déséquilibres sociaux et renforcer le vivre-ensemble dans un pays marqué par sa pluralité.

La proposition du candidat repose sur une obligation nouvelle. Il s’agit d’ imposer aux entreprises et administrations de respecter des quotas de recrutement basés sur l’appartenance communautaire et régionale. Dans le privé : En zone rurale, 50 % des recrutés doivent provenir des ressources humaines locales disponibles. En zone urbaine, les quotas seraient fixés à 30 % pour la ressource régionale locale et 30 % pour les ressortissants de la région du promoteur.

Dans le public : Les autorités de recrutement ne pourraient octroyer plus de 30 % d’emplois par an aux ressortissants de leur propre région d’origine. Les besoins annuels en emplois devraient être identifiés en amont par les conseils d’administration et appliqués tant au niveau des postes de base que des postes de responsabilité.

Pourquoi une telle réforme ?

Pour Cabral Libii, il ne s’agit pas seulement de corriger des déséquilibres régionaux, mais de poser les bases d’une entreprise « socialement responsable ». Elle doit être Un outil de brassage et d’équité. Inspirée de modèles de pays « plurinaux », la réforme entend promouvoir la diversité, l’inclusion et l’équité dans les entreprises camerounaises. De plus, elle doit être un levier contre le tribalisme d’État. En encadrant le recrutement, elle vise à réduire les injustices sociales et à prévenir les pratiques discriminatoires. Et enfin être Un atout économique. L’entreprise devient plus attractive lorsqu’elle reflète la diversité de sa clientèle. Miser sur des employés qui partagent la langue et la culture locales peut améliorer l’acceptabilité et la performance commerciale.

Une entreprise, acteur social et politique

Dans la vision du PCRN, l’entreprise n’est plus un simple opérateur économique, mais un acteur politique et social. Elle doit intégrer dans sa gouvernance les enjeux de société. Notamment genre et égalité des chances, représentativité des minorités, enracinement communautaire et contribution au vivre-ensemble.

Cette logique rejoint les tendances mondiales où la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) est devenue incontournable.

Défis et mise en œuvre

La faisabilité de cette réforme suscite des débats, mais Cabral Libii appelle à discuter des modalités et non de l’opportunité. Sa mise en œuvre nécessiterait : une concertation avec partenaires sociaux et experts, l’implication des élus locaux et la participation des chefferies traditionnelles, gardiennes du cadrage identitaire.

Au-delà du juridique, il s’agirait d’installer une véritable culture citoyenne dans la gestion des entreprises, ancrée dans les valeurs de diversité et d’équité.

Vers une attractivité locale renforcée

Pour les partisans de cette réforme, le respect des quotas communautaires permettrait d’ancrer davantage les entreprises dans leur environnement. Résultat attendu : moins de tensions sociales, meilleure intégration des projets économiques et réduction des risques de conflits, comme les pillages observés par le passé dans certaines régions.

La Rédaction

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