Cameroun – Municipales et législatives 2026 : Génération 82 interpelle Paul Biya et veut repositionner la jeunesse au cœur du pouvoir

À l’approche des élections municipales et législatives prévues en 2026, le mouvement Génération 82 (G82) a tenu une conférence de presse ce jeudi 22 janvier 2026 à Douala. Par la voix de son coordonnateur, Rodrigue Tchabet, le collectif a rendu publique une lettre ouverte adressée au président Paul Biya, dénonçant la marginalisation persistante des jeunes et annonçant son intention de s’impliquer activement dans les prochaines échéances électorales.

En prélude aux élections municipales et législatives de 2026, le mouvement Génération 82, par la voix de son coordonnateur Rodrigue Tchabet, a organisé une conférence de presse dans un hôtel de la place à Douala. Cette rencontre avec les médias avait pour objectif principal d’inciter les jeunes Camerounais à s’engager dans la gestion de la cité et à rompre avec ce que le mouvement qualifie de « passivité politique imposée ».

Créé récemment, le mouvement G82 se présente comme une plateforme citoyenne et non partisane, regroupant des jeunes Camerounais nés après le 6 novembre 1982, date de l’accession de Paul Biya à la magistrature suprême. Issus des quatre coins du pays, ses membres affirment vouloir désormais peser sur les décisions qui engagent l’avenir du Cameroun. « Nous avons décidé de ne plus être des spectateurs de la vie sociopolitique de notre pays, mais d’en devenir des acteurs majeurs », a déclaré Rodrigue Tchabet face à la presse.

Une lettre ouverte au président Paul Biya

Au cœur de cette conférence de presse figurait la lecture d’une lettre ouverte adressée au chef de l’État. Dans ce document, les jeunes de la Génération 82 expriment ce qu’ils décrivent comme un « cri de désespoir » après plus de quatre décennies de gouvernance du président Paul Biya. Tout en adressant leurs vœux de santé et de prospérité au chef de l’État, à son épouse Chantal Biya et à l’ensemble de ses collaborateurs à l’occasion du début de l’année 2026, les signataires saluent également la place accordée aux jeunes et aux femmes dans le discours d’investiture du président, réélu à l’issue de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 avec 53,66 % des suffrages exprimés.

Profitant de la proximité de la fête de la jeunesse, l’un des rares moments où le chef de l’État s’adresse directement aux jeunes, le mouvement estime qu’il était nécessaire de rappeler les attentes pressantes de cette frange majoritaire de la population.

Une jeunesse diplômée, mais absente des centres de décision

Selon le mouvement G82, le paradoxe camerounais réside dans le fait que plus de 60 % de la population est jeune et, pour une large part, détentrice de diplômes universitaires, alors que les hautes fonctions de l’État, de l’administration centrale, du gouvernement et des institutions parlementaires restent majoritairement occupées par des responsables du troisième âge. « Comment comprendre que dans un pays aussi jeune, les postes de décision soient accaparés par les mêmes personnes depuis plusieurs décennies ? À quoi sert donc cette jeunesse que l’on présente comme le fer de lance de la nation ? », s’est interrogé Rodrigue Tchabet.

Le mouvement dénonce également le chômage massif des jeunes, l’inadéquation entre formation et emploi, ainsi que la frustration croissante d’une génération qui se sent exclue de la gestion de la chose publique.

Cap sur les municipales et législatives de 2026

Ainsi, sans se positionner dans une logique de confrontation avec le pouvoir en place, Génération 82 affirme privilégier la sensibilisation et la mobilisation citoyenne. Le mouvement annonce sa volonté de se constituer en bloc afin de défendre les intérêts de la jeunesse avant, pendant et après les élections municipales et législatives de 2026.

Dans cette perspective, le G82 entend encourager et soutenir les candidatures des jeunes issus de la Génération 82 dans l’ensemble des circonscriptions électorales du pays. Pour ses responsables, ce nouveau septennat, présenté par le chef de l’État comme celui des jeunes et des femmes, doit se traduire par une présence accrue des jeunes dans les institutions républicaines. Déterminé à prendre son destin en main, le mouvement Génération 82 prévient que « rien ne se fera plus comme avant », estimant que plusieurs responsables politiques ont échoué à répondre aux attentes des populations.

Georges Potain

Learn More →

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *