Alors que le contentieux préélectoral bat son plein, Yaoundé se referme sous un dispositif sécuritaire exceptionnel. La ville aux sept collines est placée sous haute surveillance militaire. Postes de contrôle, fouilles, présence renforcée de gendarmes et de policiers : les autorités entendent prévenir toute perturbation liée à cette phase sensible du processus électoral.
Depuis le lancement du contentieux préélectoral devant le Conseil constitutionnel, Yaoundé vit au rythme d’un déploiement sécuritaire d’envergure. Dans la capitale politique, les axes stratégiques sont sous étroite surveillance. Des éléments des forces de maintien de l’ordre y sont postés jour et nuit, veillant à détecter le moindre signe de tension.
Au cœur de la ville, la Poste centrale illustre parfaitement ce climat de vigilance : un impressionnant dispositif anti-émeute quadrille l’axe présidentiel, sans laisser place au hasard. Les patrouilles s’y relaient en silence, regard alerte, arme en main. Les photos sont interdites et tout comportement jugé suspect peut suffire à attirer l’attention des forces déployées.
« À chaque carrefour, on sent une pression. Ce n’est pas la première fois, mais cette fois-ci, c’est plus intense », confie un habitant du quartier Mvog Ada.
Une ceinture sécuritaire sur la ville
Le carrefour Warda, le rond-point Nlongkak, ou encore les abords de la sous-préfecture de Tsinga affichent le même visage : des groupes de gendarmes, parfois par dizaines, montent une garde silencieuse et dissuasive.
La vigilance est particulièrement renforcée autour du Palais des congrès, où se tiennent les audiences du Conseil constitutionnel. Là, des fouilles systématiques sont opérées, notamment à l’entrée du périmètre, pour tout individu tentant d’accéder à la zone. Une décision préfectorale du département du Mfoundi interdit formellement tout rassemblement dans les environs pendant la durée du contentieux.
Prévenir tout débordement
L’objectif affiché par les autorités est clair : empêcher tout trouble à l’ordre public dans un contexte marqué par la contestation de certaines candidatures et des tensions politiques. La présence visible des forces de l’ordre entend également décourager toute tentative de mobilisation spontanée autour du Conseil constitutionnel.
Malgré ce climat pesant, les habitants de Yaoundé poursuivent leurs activités dans un calme apparent. Les commerces sont ouverts, les transports fonctionnent, mais la capitale semble retenue dans son souffle, scrutant les décisions à venir et les réactions qu’elles pourraient susciter.

