côte d’ivoire : quand gbagbo claque la porte, ouattara force le passage

côte d’ivoire : quand gbagbo claque la porte, ouattara force le passage

À quelques semaines du scrutin, la tension monte et l’opposition crie à l’impasse démocratique.

À Abidjan, l’air politique est chargé d’électricité. Le 18 septembre, Laurent Gbagbo a lâché une bombe : il ne soutiendra aucun des cinq candidats retenus pour la présidentielle ivoirienne. Pour l’ex-chef d’État, la compétition est biaisée, amputée de ses figures majeures, et privée du sceau de la légitimité.

GBAGBO ÉCARTÉ, TIDJANE THIAM AUSSI

Le Conseil constitutionnel a invalidé plusieurs candidatures de poids, dont celles de Gbagbo lui-même et de l’ancien ministre Tidjane Thiam. Résultat : un boulevard semble s’ouvrir devant le président sortant Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2011 et candidat pour un quatrième mandat.

Mais cette candidature est vivement contestée par l’opposition, qui brandit la Constitution limitant à deux mandats présidentiels. Le Conseil constitutionnel, lui, joue la carte de la réforme de 2016, qu’il considère comme une remise à zéro du compteur.

« PAS DE CONSENSUS, PAS DE SOUTIEN »

Face à cette équation verrouillée, Gbagbo refuse toute stratégie d’alliance. Son constat est tranchant : « pas de consensus, pas de légitimité suffisante ». Plutôt que des accords de façade, il appelle à mener des « actions démocratiques et pacifiques », seule voie selon lui pour contester ce quatrième mandat qu’il juge illégal.

En face, le pouvoir ne tremble pas. Amadou Coulibaly, porte-parole du gouvernement, a rappelé mercredi que les décisions du Conseil constitutionnel étaient « sans recours ». Il a prévenu : « Ceux qui vont contester la décision tomberont sous le coup de la loi ». Un message clair, qui sonne comme un avertissement à l’opposition.

ENTRE LÉGALITÉ ET LÉGITIMITÉ, LE BRAS DE FER S’INSTALLE

Dans ce duel silencieux, deux camps s’opposent : d’un côté, Ouattara et son équipe, campés sur la légalité constitutionnelle telle que définie en 2016 ; de l’autre, Gbagbo et l’opposition, qui défendent la légitimité populaire et dénoncent un verrouillage électoral.

À quelques semaines du scrutin, l’avenir politique ivoirien se joue entre urnes verrouillées et appels à la rue pacifique. Une épreuve de vérité pour une démocratie sous haute tension.

La Rédaction

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