Malgré une sévère mise en garde du ministère des Sports sur les irrégularités du processus électoral, la FECAFOOT a lancé, le 21 août, l’appel à candidatures pour les Ligues départementales et régionales. Une ouverture de scrutin qui alimente les contestations dans un climat déjà tendu.
Dans une correspondance adressée à Samuel Eto’o, le ministre des Sports et de l’Éducation physique (MINSEP) a rappelé à l’ordre la FECAFOOT sur le respect des textes en vigueur.
Le ministère insiste, aucune modification statutaire ne peut entrer en application sans validation en Assemblée générale. À défaut, les élections prévues entre août 2024 et novembre 2025 pourraient être frappées de nullité.
Le document pointe aussi des irrégularités à savoir : Assemblées générales convoquées hors de leur territoire de compétence, absence de championnats dans plusieurs départements, et surtout l’exclusion d’arbitres et de clubs du processus électoral.
Clubs exclus, électorat contesté
La tutelle relève également des incohérences dans la composition du corps électoral.
Des clubs nouvellement créés et non engagés dans les championnats 2024-2025 ont été intégrés, pendant que des équipes en règle avec leurs licences et affiliations sont exclues.
Dans le Nord, onze clubs ont été rayés de la liste. Dans l’Adamaoua, plusieurs formations ont été privées de compétition malgré leur régularité. Autant de décisions qui nourrissent un climat de défiance et de contestation.
La FECAFOOT passe outre et ouvre le processus
Malgré ce rappel à l’ordre, la FECAFOOT a officiellement ouvert le dépôt des candidatures le 21 août. Les aspirants aux postes de président, vice-présidents et délégués des Ligues départementales et régionales doivent déposer leurs dossiers complets au plus tard le 23 août 2025, avec deux jours supplémentaires pour régulariser les pièces non conformes.
Déclarations de candidature, parrainages, casier judiciaire et questionnaire d’intégrité figurent parmi les pièces exigées. Une étape cruciale, lancée dans un climat où la légalité et la transparence du scrutin restent fortement contestées.
Une légitimité en jeu
Entre la pression du ministère, les exclusions dénoncées et l’ouverture précipitée du processus électoral, la FECAFOOT joue gros. La crédibilité et la légitimité des prochains dirigeants du football camerounais dépendront de la capacité de l’instance à organiser un scrutin inclusif, transparent et conforme aux statuts.

