Réunis à Douala du 24 au 27 février 2026, responsables gouvernementaux, experts et partenaires techniques évaluent le cadre national de préparation au marché du carbone au titre de l’article 6 de l’Accord de Paris. L’objectif est clair : structurer un dispositif crédible capable de mobiliser des financements innovants pour soutenir le développement durable et la préservation de la biodiversité au Cameroun.
L’évaluation du cadre national de préparation au marché du carbone pour le Cameroun s’est ouverte mardi 24 février 2026 à Douala. La cérémonie a été présidée par Gilbert Didier Edoa, secrétaire général du ministère des Finances. Les travaux ont également enregistré la présence du Pr Paul Tchawa, secrétaire général du ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement durable, ainsi que du Dr Martin Zeh-Nlo, représentant résident assistant du Programme des Nations unies pour le développement.
Cette rencontre s’inscrit dans la mise en œuvre de l’article 6 de l’Accord de Paris, qui encadre les mécanismes de coopération internationale en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, notamment à travers les marchés carbone.

Valoriser le potentiel de séquestration du carbone
Au cœur des échanges figure la mobilisation de ressources financières innovantes. Il ne s’agit pas de solliciter des dons, mais de valoriser le potentiel national de séquestration du carbone, en particulier les vastes superficies forestières dont dispose le Cameroun.
Grâce à l’appui du PNUD et à la collaboration étroite entre le ministère des Finances et le ministère en charge de l’Environnement, un document stratégique a été élaboré. Celui-ci vise à doter le pays d’un cadre institutionnel, réglementaire et technique robuste, capable de garantir la crédibilité du Cameroun sur le marché carbone international.
L’ambition est de permettre au pays de mobiliser des financements à travers la valorisation de ses efforts de réduction des émissions et de préservation de ses forêts, afin de soutenir des projets structurants pour son développement.
Structurer le marché national du carbone
Les participants examinent plusieurs aspects essentiels, notamment l’état du financement climatique sensible au genre, le cadre budgétaire de gestion des finances publiques, les mécanismes de vérification ainsi que les dispositifs de renforcement des capacités.
Les travaux doivent aboutir à l’élaboration d’une feuille de route claire pour la mise en place d’un marché national du carbone et d’une infrastructure de financement climatique cohérente. L’objectif est d’intégrer les retours d’expérience et les recommandations issues des analyses précédentes afin d’assurer une mise en œuvre efficace et transparente.

Biodiversité et gouvernance institutionnelle
Un second volet de l’atelier est consacré à l’Analyse des Politiques et Institutions en matière de biodiversité. Les discussions portent sur les politiques, les stratégies et les cadres réglementaires existants, ainsi que sur le paysage institutionnel national.
Les participants examinent également les mécanismes de financement et de subvention disponibles, avec pour ambition d’élaborer un plan de financement orienté vers la valorisation des services écosystémiques. Il s’agit de capitaliser les richesses naturelles du pays tout en garantissant leur conservation à long terme.

Une approche intersectorielle pour une appropriation nationale
L’atelier s’inscrit dans la dynamique de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030, qui vise à concilier croissance économique et durabilité environnementale.
La démarche adoptée met en avant une approche intersectorielle. Les ministères sectoriels sont appelés à collaborer avec les partenaires techniques et financiers, la société civile et le secteur privé. Cette synergie est essentielle pour garantir une appropriation nationale des solutions proposées et maximiser l’impact des politiques environnementales.
Les échanges ont également souligné l’importance de sensibiliser les communautés locales aux enjeux liés à la biodiversité et au changement climatique. La réussite des réformes dépendra autant de la solidité des cadres institutionnels que de l’adhésion et de la mobilisation citoyenne.
Des recommandations attendues pour orienter les politiques publiques
À l’issue des quatre jours de travaux, plusieurs livrables sont attendus. Ils serviront de base aux futures orientations politiques en matière de finance carbone et de biodiversité. Des mécanismes d’évaluation seront mis en place afin de mesurer l’impact des décisions prises.
Les recommandations finales, intégrant des considérations d’équité sociale et de genre, seront soumises aux décideurs politiques afin d’orienter les financements vers des projets à fort impact environnemental.
À travers cet atelier, le Cameroun affirme sa volonté de jouer un rôle moteur dans la finance durable en Afrique centrale. En conjuguant volonté politique, coopération intersectorielle et engagement des parties prenantes, le pays entend faire du marché carbone et de la finance biodiversité des leviers majeurs de son développement durable.

