Réunis à Yaoundé le 26 août sous l’égide de la COSUMAF, régulateurs, acteurs financiers et établissements de microfinance ont réfléchi aux moyens de garantir des ressources stables au secteur. Un impératif alors que l’Afrique centrale reste l’une des zones les moins bancarisées du continent, avec seulement 15 % d’adultes ayant accès à des services financiers formels selon la BEAC.
La microfinance est devenue un pilier incontournable du tissu économique de la CEMAC. D’après la Banque mondiale (Global Findex 2021), seuls 15 % des adultes en Afrique centrale disposent d’un compte bancaire, contre 43 % en moyenne en Afrique subsaharienne et 71 % au niveau mondial.
Dans ce contexte, les institutions de microfinance touchent déjà plus de 6 millions de clients dans la sous-région, souvent en zones rurales. Elles permettent à de petits entrepreneurs, femmes commerçantes ou jeunes agriculteurs d’accéder à des crédits qui seraient inaccessibles par le système bancaire classique.
Tableau comparatif – Inclusion financière dans le monde
| Zone | Taux de bancarisation (adultes avec compte bancaire ou mobile money) | Accès au crédit formel (adultes) |
|---|---|---|
| Afrique centrale (CEMAC) | 15 % | 4 % |
| Afrique subsaharienne | 43 % | 11 % |
| Monde | 71 % | 23 % |
Des financements courts qui fragilisent le secteur
Malgré son rôle crucial, le secteur peine à franchir un cap. La plupart des établissements fonctionnent grâce à des dépôts à court terme, insuffisants pour financer des projets de développement durable. Selon la BEAC, la part des crédits de long terme accordés par les institutions financières reste inférieure à 10 % du total, un taux bien en deçà des besoins de l’économie réelle.
Le marché financier comme piste d’avenir
C’est là que le marché financier entre en jeu. Introduction en bourse, émissions obligataires ou encore titrisation : autant de leviers capables de mobiliser des capitaux durables. Dans l’espace UEMOA, des établissements de microfinance comme Baobab ou Microcred ont déjà expérimenté avec succès des levées de fonds obligataires. Ces exemples inspirent aujourd’hui la CEMAC.
L’inclusion au cœur des débats
Pour la COSUMAF et le ministère des Finances, la priorité reste claire : renforcer l’inclusion financière. Car sans financements solides, la microfinance restera limitée et l’Afrique centrale continuera d’accuser un retard. Les chiffres sont parlants. Selon la Banque mondiale, à peine 4 % des adultes de la CEMAC ont accès à un crédit formel, contre 11 % en Afrique subsaharienne.
Gouvernance et transparence, conditions du succès
Les experts réunis à Yaoundé l’ont rappelé : attirer les investisseurs passe par une meilleure gouvernance et une transparence accrue des institutions. La microfinance doit gagner la confiance des marchés pour devenir un acteur solide du financement du développement. La COSUMAF entend jouer ce rôle de catalyseur pour que ce virage soit une réalité.

