Le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) a suspendu pour six mois Sylvain Moïse Tjock, maire de la commune d’Eséka (Nyong-et-Kellé, région du Centre). Mis en cause dans un litige financier l’opposant au couple Lingock, l’édile est reconnu coupable de manquements à l’éthique du parti et reste suspendu tant qu’il n’aura pas remboursé plus de 2 millions de FCFA.
Dans sa décision, le comité d’éthique estime que Sylvain Moïse Tjock s’est rendu coupable de manquements graves au comportement attendu des militants et cadres du PCRN. L’instance disciplinaire fonde son appréciation sur des faits susceptibles de tomber sous le coup de plusieurs dispositions du Code pénal camerounais, notamment celles relatives à : l’abus de confiance, la concussion au détriment de l’État, le faux et usage de faux dans un acte, l’écriture publique authentique, la diffamation et la filouterie.
Autant d’accusations qui, sans constituer une décision judiciaire, ont été jugées suffisamment établies au regard des textes internes du PCRN pour justifier une sanction politique.
Une dette de plus de deux millions de FCFA au cœur du litige
Au centre de l’affaire, une créance financière précise. Le comité d’éthique déclare le maire d’Eséka redevable de la somme totale de 2 037 600 FCFA à l’endroit de monsieur et madame Lingock, soit 1 018 000 FCFA pour chacun.
Selon la décision, ces montants correspondent à des sommes dues à la suite de mandats antidatés et jugés irréguliers, qui auraient été remis sciemment au couple. Un élément déterminant dans l’appréciation de la faute et dans la sévérité de la sanction infligée.
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Une sanction conditionnée au remboursement intégral
Le comité d’éthique du PCRN précise quela suspension est renouvelable tant que la dette n’est pas intégralement remboursée. Autrement dit, le maire d’Eséka suspendu PCRN ne pourra retrouver son statut de militant que s’il s’acquitte totalement des sommes dues.
Une clause qui alourdit le poids de la sanction, d’autant que le mandat municipal de Sylvain Moïse Tjock arrive à son terme, plaçant l’élu local dans une situation politique délicate, à la croisée des enjeux judiciaires, financiers et partisans.
Un signal fort du PCRN à ses cadres
Au-delà du cas individuel, cette affaire envoie un message clair sur la discipline interne au sein du parti de Cabral Libii. Le PCRN entend rappeler que l’exercice d’un mandat électif ne saurait exonérer un militant des exigences d’éthique, de probité et de responsabilité.
Dans un contexte politique marqué par une exigence accrue de gouvernance locale et de redevabilité, la suspension du maire d’Eséka pourrait faire jurisprudence au sein du parti, à l’approche de nouvelles échéances électorales.

