À l’approche de la présidentielle, le président de l’Alliance des Forces Progressistes (AFP), Cyrille Sam Mbaka, alerte sur les divisions au sein de l’opposition camerounaise. Dans un texte fort et imagé, il exhorte ses pairs à mettre fin aux « querelles de chapelle » qui profitent au RDPC et à œuvrer pour une alternative crédible.
« Les mêmes causes produisent les mêmes conséquences délétères », écrit Cyrille Sam Mbaka. Pour lui, l’histoire politique récente du Cameroun démontre que l’éparpillement et les guerres de leadership dans l’opposition ouvrent systématiquement un boulevard au parti au pouvoir.
Le leader de l’AFP compare ces rivalités internes à un « piège mortifère » qui empêche toute alternance, dénonçant un « gâchis » dont seuls les adversaires politiques tirent profit.
Pour un réarmement moral et républicain
Le président de l’AFP plaide pour un réarmement moral de l’opposition : ramener les leaders politiques à la concertation républicaine, bannir les « schémas stéréotypés et sclérosés » et faire taire les égos pour bâtir un vote consensuel et fédérateur.
Mbaka convoque l’exemple de la droite française qui, jadis, se demandait si elle était « la plus bête du monde », déchirée par des disputes de personnes plutôt que par un débat d’idées. Il appelle les opposants camerounais à relever le niveau, estimant que le pays traverse une crise politique, économique et sociale sans précédent, marquée par des conflits persistants, des destructions et des pertes humaines.
Une démocratie réservée aux plus fortunés ?
L’opposant dénonce également le coût exorbitant de la participation à l’élection présidentielle au Cameroun. La caution de 30 millions de FCFA, non remboursée pour tout candidat obtenant moins de 10 % des voix, exclut selon lui de facto une grande partie de la population.
À cela s’ajoutent les frais de campagne (meetings, déplacements, affiches), rendant la compétition « réservée aux possédants ». Mbaka questionne : « Y a-t-il des Camerounais à part entière et d’autres entièrement à part ? »
Pour lui, l’élection présidentielle ne doit pas être l’apanage d’une élite fortunée, mais rester un droit ouvert à tous les citoyens.
Un appel à la hauteur des enjeux
Au terme de son plaidoyer, Cyrille Sam Mbaka exhorte l’opposition à mettre fin aux rivalités fratricides pour offrir aux Camerounais une véritable alternative politique. Se présentant comme une « sentinelle de la République », il invite ses pairs à être « dignes du suffrage des électeurs » et à se montrer à la hauteur des enjeux historiques.

