À moins de deux mois de la présidentielle du 12 octobre 2025, le Groupement des entreprises du Cameroun (GECAM) tire la sonnette d’alarme. Dans un « Appel pour un sursaut économique », le patronat exige des candidats qu’ils placent l’économie, l’industrialisation et la gouvernance au centre de leurs programmes.
Alors que le Cameroun s’avance vers les élections avec une Vision 2035 encore loin d’être réalisée, le GECAM met en garde contre les retards accumulés ; infrastructures inachevées, délestages électriques persistants, fiscalité jugée excessive, corruption et manque de financement pour les PME.
Pour Célestin Tawamba, président du GECAM, « le temps est venu d’un indispensable sursaut collectif », car les entreprises peinent à jouer pleinement leur rôle de créatrices d’emplois et de richesses.
Une économie à bout de souffle
Le patronat dénonce un climat des affaires qui manque de visibilité et de sécurité juridique. Instabilité réglementaire, lenteurs administratives et pression fiscale étouffent le potentiel du secteur privé. À ces défis internes s’ajoutent une conjoncture internationale défavorable et une faible résilience du tissu productif national.
Le GECAM rappelle que la confiance des investisseurs, locaux comme étrangers, dépendra aussi de la transparence du processus électoral, condition indispensable à la stabilité sociale et au redressement économique.
Les attentes claires du GECAM envers les candidats
Dans son mémorandum, le patronat énumère une série de réformes urgentes que les aspirants à la magistrature suprême devront assumer : réformer le système fiscal et alléger la pression sur les entreprises, accélérer la construction d’infrastructures modernes, mettre fin aux délestages électriques chroniques, digitaliser efficacement les services publics, garantir la sécurité juridique et judiciaire, adapter les formations aux besoins du marché, soutenir activement l’industrialisation et la souveraineté productive.
Une opportunité historique pour le Cameroun
Pour le GECAM, l’élection présidentielle de 2025 ne doit pas être un simple rendez-vous politique, mais un tournant économique majeur. Le patronat appelle à refonder le contrat entre l’État et le secteur privé, dans un partenariat sincère et durable.
« L’entreprise est le socle du développement, un créateur de solutions et d’emplois, de cohésion et de souveraineté », insiste Célestin Tawamba. Le GECAM se dit prêt à accompagner le futur président, mais en « partenaire exigeant et constructif ».

