Présidentielle 2025 : le phénomène Bessiping, entre buzz et cri de détresse

Présidentielle 2025 : le phénomène Bessiping, entre buzz et cri de détresse

Derrière les rires qu’il suscite, Léopold Bessiping incarne un combat solitaire et tenace. Le président du RFERE, recalé à la présidentielle, est devenu viral, mais porte un message plus profond que ses formules loufoques.

Il est devenu en quelques jours l’un des noms les plus partagés sur les réseaux sociaux camerounais. Avec ses sorties atypiques et des phrases insolites à l’accent comique, Léopold Bessiping, ancien professeur de sciences physiques, a conquis l’attention du public, souvent pour en rire. Pourtant, derrière ce personnage à la posture singulière, se cache une trajectoire douloureuse, marquée par l’injustice ressentie et un besoin de reconnaissance.

Fonctionnaire à la retraite depuis novembre 2024, ce natif de Bandjoun ne digère toujours pas la suspension prolongée de son salaire. Il estime être victime de son engagement politique au sein du RFERE (Rassemblement des forces écologiques pour la relance de l’économie). Sa candidature à la présidentielle d’octobre 2025, qu’il savait contestée, était surtout un prétexte pour se faire entendre, réclamer des réparations et dénoncer ce qu’il considère comme une marginalisation administrative.

Debout seul face au Conseil constitutionnel, Bessiping n’a pas été retenu dans la liste des candidats officiels. Mais il ne désarme pas. Loin de se laisser abattre par les moqueries ou la viralité parfois cruelle de la toile, il assume sa démarche, ses mots, ses mimiques. Car pour lui, chaque éclat de rire est une porte entrouverte sur une réalité sociale ignorée.

Entre Yaoundé où il poursuit son plaidoyer, et les collines de Bandjoun où il cultive la terre, l’homme alterne les rôles avec résilience : militant écologique, justiciable en quête de réparation, agriculteur enraciné et désormais phénomène viral.

Bessiping ne gagnera peut-être pas la présidentielle, mais il a conquis quelque chose d’inattendu : une oreille nationale. Et peut-être, demain, un peu plus de justice.

La Rédaction

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