Dans une tribune signée Parfait Mbvoum, président national du Forum Républicain, l’opposant dénonce l’exclusion de Maurice Kamto de la course à la présidentielle et appelle à une union sans calculs mesquins contre le régime Biya. Pour lui, l’heure n’est plus aux querelles d’ego mais à un ralliement autour des candidatures de Bello Bouba Maïgari et Issa Tchiroma Bakary, désormais au centre du jeu politique.
« Fraude », « vol », « viol » les mots de Parfait Mbvoum claquent comme des coups de tonnerre pour qualifier l’élimination de Maurice Kamto de la présidentielle du 12 octobre 2025. Un événement qu’il juge scandaleux et lourd de conséquences.
Dans ce vide laissé par le leader du MRC, deux figures jadis proches du pouvoir refont surface : Bello Bouba Maïgari et Issa Tchiroma Bakary. Après près de trois décennies de retrait relatif, ils occupent désormais le centre du débat politique.
Une opposition divisée et hypocrite ?
Le président du Forum Républicain fustige l’attitude d’une partie de l’opposition, convaincue de profiter du retrait de Kamto. « Au lieu de proposer une alternative crédible, certains se perdent dans les insultes, orchestrant une campagne médiatique contre Bello et Tchiroma », écrit-il.
Une « duplicité » qui interroge, ajoute-t-il, lorsque les mêmes dirigeants qui les critiquent n’hésitent pas à s’afficher à leurs côtés.
La seule urgence : faire tomber Biya
Pour Parfait Mbvoum, l’opposition se trompe de combat. Les querelles de positionnement – être deuxième ou troisième avec des scores dérisoires de 0 % à 7 % – ne mènent nulle part. « La seule phobie qui vaille désormais est la Biyaphobie », affirme-t-il. Autrement dit, l’urgence absolue reste de mettre fin au règne de Paul Biya.
Selon lui, l’opposition ne pourra l’emporter qu’en encourageant les défections internes au système. « Personne ne fera pire que Paul Biya », martèle-t-il.
Deux candidatures qui cristallisent l’alternative
En l’absence de Maurice Kamto, deux candidatures émergent selon le président du Forum Républicain : Bello Bouba Maïgari, qui bénéficie d’un ancrage territorial solide et Issa Tchiroma Bakary, dont la communication et la stratégie en font un adversaire redoutable. D’ici au 10 septembre, l’un devra céder le pas à l’autre, faute de quoi l’opposition risque de s’affaiblir davantage et d’offrir une victoire facile au régime en place.
Un appel à l’unité sans conditions
« Même si c’est le diable, on prend d’abord », insiste Parfait Mbvoum, rappelant que la priorité est d’ouvrir la voie à une réelle alternance. Pour lui, l’opposition ne peut se permettre le luxe de diviser ses forces alors que la survie du pays dépend d’un sursaut collectif.

