Presse camerounaise : le SYNAJIC appelle à un sursaut éthique face à la désinformation

Réunis hier mardi 17 février 2026 au Tsa Tsa Lounge à Deïdo – Bonantoné, à Douala, les professionnels des médias ont pris part à une rencontre de sensibilisation organisée par le Syndicat national des journalistes indépendants du Cameroun (SYNAJIC). Objectif : rappeler aux journalistes leur mission citoyenne et les exigences éthiques qui encadrent la profession dans un contexte marqué par la montée de la désinformation.

Placée sous le thème « Le journaliste camerounais à l’épreuve de la désinformation : entre mission citoyenne et responsabilité éthique et déontologique », la rencontre a servi de cadre d’échanges entre professionnels des médias, enseignants et responsables syndicaux.

Sous la supervision générale du président national du SYNAJIC, Alex Koko à Dang, les discussions ont mis en lumière les dérives observées dans certains organes de presse, notamment la diffusion d’informations non vérifiées, la diffamation et les attaques personnelles.

« Il était question de recadrer les confrères qui s’écartent de leurs missions régaliennes, qui sont d’informer et de communiquer », a déclaré le président du syndicat. Il a dénoncé l’existence de « journaux fantômes » opérant principalement sur les réseaux sociaux et s’illustrant par des campagnes de dénigrement contre des personnalités publiques.

Des doyens au chevet de la profession

Le panel était constitué de figures expérimentées du journalisme camerounais, notamment Pierre Claver Nkodo et le Dr Jean Marie Tchatchoua, enseignant à l’université de Douala. La modération était assurée par la journaliste Aimée Catherine Biloa.

Les intervenants ont articulé leurs échanges autour de trois notions fondamentales : l’éthique, la déontologie et la responsabilité. Selon le Dr Jean Marie Tchatchoua, le respect de ces principes demeure non négociable : « Lorsque le journaliste n’a pas la certitude de l’information en sa possession, il doit s’abstenir de la diffuser ou l’accompagner des réserves nécessaires. C’est ce que préconise la Charte de Munich, référence en matière de pratique journalistique. »

Former, sensibiliser, sanctionner

Les débats ont également permis de distinguer deux types de manquements : ceux commis par ignorance, qui nécessitent formation et encadrement, et ceux relevant d’une mauvaise foi manifeste. Pour les premiers, le SYNAJIC entend renforcer les actions de sensibilisation. Pour les seconds, le message est clair : le syndicat ne défendra plus les journalistes qui persistent dans des pratiques contraires à l’intérêt général.

Autre point majeur soulevé : toute information, même vérifiée, ne doit pas être diffusée si sa publication est susceptible de porter atteinte à la paix sociale ou à la stabilité du pays. « Le journaliste responsable agit toujours dans l’intérêt du public », a insisté l’universitaire.

Des initiatives appelées à se multiplier

Au terme de la rencontre, le SYNAJIC a annoncé que d’autres sessions de formation et de sensibilisation seront organisées dans les mois à venir.

À travers cette démarche, le syndicat entend restaurer l’image de la presse camerounaise et renforcer son rôle fondamental dans la consolidation de la démocratie et de la cohésion sociale.

 

 

Georges Potain

Learn More →

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *