Présenté ce 27 août à Yaoundé, le rapport 2024 de la Conac sur l’état de la lutte contre la corruption révèle une chute spectaculaire du préjudice financier subi par l’État du Cameroun. De 114 milliards en 2023, il passe à 4 milliards en 2024. Un bilan contrasté, où progrès et résistances s’entremêlent.
C’est un chiffre qui résonne comme une victoire : 4,06 milliards de FCFA de préjudice financier en 2024, contre plus de 114 milliards l’année précédente. Le président de la Commission nationale anti-corruption (Conac), Dieudonné Massi Gams, salue un « recul drastique » du fléau qui gangrène depuis des décennies l’économie nationale.
Le rapport fleuve de près de 300 pages, rédigé en français et en anglais, met en lumière les efforts conjugués des institutions judiciaires et administratives pour endiguer la corruption. Trois volets dominent : prévention, sanction et recouvrement des avoirs.
Recouvrements : plus de 8 milliards restitués à l’État
Le Tribunal criminel spécial (TCS) et la Société de recouvrement des créances ont redoublé d’ardeur. Ensemble, ils ont permis de réintégrer plus de 8,4 milliards de FCFA dans les caisses publiques. Un signal fort que la traque des fonds détournés se poursuit, même si la vigilance reste de mise.
Plus de sanctions et plus de structures engagées
Autre enseignement : la répression s’intensifie. 298 agents publics ont été sanctionnés en 2024, avec des peines allant du simple avertissement au licenciement. Par ailleurs, 31 structures administratives et juridictions ont participé à la lutte, contre 24 en 2023. La dynamique semble s’élargir, et la prévention gagne du terrain grâce à l’installation de lignes vertes dans plusieurs administrations.
Les réfractaires : un nuage dans le ciel bleu
Mais tout n’est pas rose. Certaines administrations boudent encore la collaboration avec la Conac. Parmi elles, des ministères stratégiques : Administration territoriale, Communication, Eau et Énergie, Transports, Environnement et Développement durable. Des absences notées qui rappellent que le combat reste inachevé et semé de résistances.
Entre espoir et vigilance
Si le rapport 2024 marque un tournant dans la lutte contre la corruption, il souligne aussi la nécessité de maintenir la pression. La chute vertigineuse des pertes financières est porteuse d’espoir, mais le refus de coopération de certaines entités sonne comme un avertissement. L’État camerounais a réduit l’hémorragie, mais la bataille contre ce mal endémique est loin d’être terminée.

