Rentrée scolaire : le lockdown paralyse encore le Nord-Ouest et le Sud-Ouest

Rentrée scolaire : le lockdown paralyse encore le Nord-Ouest et le Sud-Ouest

Tandis que le reste du Cameroun reprend le chemin de l’école, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest vivent une rentrée sous silence. Le lockdown imposé par les séparatistes bloque transports et activités économiques, semant inquiétude et incertitude jusque dans les gares routières de Douala.

À la gare routière de Sodiko Bonaberi, à Douala, le décor est saisissant. Bus stationnés, quais vides, silence pesant. Là où d’ordinaire règnent cris de rabatteurs et agitation des voyageurs, rien ne bouge. « Les activités sont en baisse. C’est comme ci les gens ne voyageaient plus. Cette situation crée un manque à gagner et suscite l’inquiétude au sein de la gare », confie Mouko Affela, administrateur de la gare routière de Sodiko Bonabéri.

Une rentrée sous tension

Comme chaque début d’année scolaire depuis le déclenchement de la crise anglophone, le lockdown s’impose dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Sa durée reste encore indéterminée, laissant parents, élèves et transporteurs dans l’expectative. « Le lockdown prononcé dans les régions en crise contraint la bonne marche des activités. Je suis un chauffeur de 70 places. Quand tu payes l’assurance d’un un à hauteur d’un million et que tu ne travailles pas, imaginez les pertes », souffle un chauffeur rencontré sur place.

Les transporteurs au ralenti

Dans deux autres agences de voyages desservant Bamenda et Buea, le constat est identique : guichets fermés, sièges vides, employés désœuvrés. Les populations, elles, espèrent un retour à la normale. Mais entre peur de représailles et incertitude sur la levée du mot d’ordre, les regards restent tournés vers un horizon encore trouble. « Pour l’instant, le temps que durera cette situation reste inconnu », ajoute un agent.

Une rentrée scolaire à géométrie variable

Alors qu’à Yaoundé, Douala ou Garoua les cartables s’ouvrent et les cours reprennent, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest restent en marge du calendrier scolaire national. Le lockdown, devenu presque une tradition en septembre, continue de fragiliser l’avenir éducatif de milliers d’enfants et de peser lourdement sur l’économie locale.

 

La Rédaction

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