C’est une première dans l’histoire du pays. Cinq personnes ont été condamnées à mort pour trafic d’êtres humains en Éthiopie. Une décision inédite, alors que le pays reste l’un des principaux points de départ vers les routes migratoires les plus meurtrières au monde.
L’Éthiopie vient de franchir un tournant historique dans la lutte contre le trafic d’êtres humains. Pour la première fois, cinq individus reconnus coupables de traite ont été condamnés à la peine capitale. L’annonce a été faite samedi par le ministre de la Justice, Belayhun Yirga, sans toutefois fournir de détails sur l’identité, la nationalité ou le contexte entourant les accusés.
Ce verdict inédit intervient dans un pays durement frappé par les drames migratoires. Située sur la redoutable “Route de l’Est”, l’Éthiopie est un point de départ majeur pour des milliers de migrants, principalement des jeunes, qui tentent chaque année de rejoindre les pays du Golfe. Leur périple les pousse à traverser la mer Rouge depuis Djibouti, souvent à bord d’embarcations de fortune et aux mains de passeurs sans scrupules.
Les conséquences humaines sont tragiques. Rien que dimanche dernier, plus de 70 migrants ont péri dans un nouveau naufrage au large du Yémen. Et selon les données de l’OIM (Organisation internationale pour les migrations), au moins 558 personnes ont perdu la vie sur cette route en 2024.
La décision des autorités éthiopiennes est perçue comme un signal fort contre les réseaux criminels. Bien que la peine de mort soit toujours inscrite dans le droit éthiopien, elle est rarement appliquée : la dernière exécution remonte à 2007, selon la Coalition mondiale contre la peine de mort.
Reste à savoir si cette sévérité inédite aura un effet dissuasif. Car tant que la pauvreté, les conflits et l’absence d’opportunités continueront de pousser des milliers d’Éthiopiens à fuir, les trafiquants auront toujours un terreau fertile pour prospérer.

