À deux mois de la présidentielle, le Parti Univers est secoué par une crise interne majeure. Le bureau régional de l’Adamaoua a annoncé sa démission collective, dénonçant des dérives autoritaires, un mépris de la base militante et une absence de concertation autour de la candidature d’Akere Muna.
Ce 6 août à Ngaoundéré, l’ambiance était lourde de rupture. À travers une conférence de presse sobre mais déterminée, le bureau régional du Parti Univers dans l’Adamaoua a annoncé son retrait collectif, à peine deux mois avant l’élection présidentielle prévue le 12 octobre.
Conduit par Martin Donayal, président régional démissionnaire, le groupe a exprimé sa désapprobation face à la gouvernance interne du parti, pointant du doigt Prosper Nkou Mvondo, présenté comme le « capitaine opérationnel » du mouvement. En toile de fond : des propos jugés méprisants envers les militants, et surtout l’imposition de la candidature d’Akere Muna sans consultation préalable de la base.
Un sentiment d’exclusion et de trahison
Les mots sont forts, les griefs nombreux. Pour les démissionnaires, cette décision n’est pas le fruit d’un désaccord passager, mais le symptôme d’une crise plus profonde : celle d’un parti qui, selon eux, s’éloigne de ses principes fondateurs de transparence, de respect de la base, et de démocratie interne.
Un revers stratégique pour Univers à l’approche du scrutin
Cette démission collective constitue un revers sérieux pour le Parti Univers, qui ambitionnait de s’implanter durablement dans le Grand Nord. La région de l’Adamaoua, carrefour stratégique, devait servir de relai électoral dans cette zone historiquement disputée.
L’onde de choc dépasse le cadre régional : la crédibilité de la direction nationale est désormais fragilisée, et la campagne s’ouvre sur fond de défiance interne.

