En prélude à la célébration de la 41ᵉ édition de la Journée internationale des droits de la femme, prévue le 8 mars prochain, les femmes de l’Université de Douala ont officiellement lancé la Semaine de la femme hier mercredi 4 mars 2026 à l’amphi 300 de l’ENSET, au campus 2 de Ndongbong. La cérémonie, présidée par le vice-recteur chargé de l’enseignement, le Pr Jean Marie Zambo, a été marquée par des activités de sensibilisation autour des droits des femmes et des défis liés à leur application.
Les activités ont débuté par une télé-réalité pédagogique présentée par les femmes de la Faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP). À travers des mises en situation inspirées de la vie quotidienne, les participantes sont revenues sur plusieurs questions liées aux droits des femmes, notamment celles concernant les veuves et les enfants naturels.
L’objectif était de montrer que, malgré l’existence de textes juridiques et de conventions internationales garantissant ces droits, un écart persiste entre la loi et son application dans la société.
Selon le Pr Nandjip Moneyang Sara, vice-doyenne chargée de la coopération et de la recherche à la FSJP, le moment est venu pour les femmes de faire valoir leurs droits. « Le temps est venu pour les femmes de revendiquer les droits qui leur reviennent, non seulement par leur caractère naturel, mais aussi par les voies juridiques. Le Cameroun dispose d’un arsenal juridique qui établit cette égalité. Il appartient donc aux femmes de revendiquer ces droits et d’éduquer afin qu’ils soient vulgarisés dans les établissements scolaires et effectivement appliqués », a-t-elle déclaré.
Des préoccupations face aux violences faites aux femmes
Les intervenantes ont également évoqué la question des féminicides, dont la recrudescence ces derniers temps suscite de nombreuses inquiétudes. Pour les participantes, ces violences traduisent un recul de l’éthique et une montée de l’impunité qui interpellent la société.
Revenant sur l’exercice de télé-réalité, Dr Kabadiang Clémentine épouse Engono, chargée de cours au département de droit public interne à la FSJP et maître-assistante CAMES, explique qu’il s’agissait de rétablir la vérité juridique face à certaines idées reçues. « Il s’agissait d’une restitution juridique de propos qui circulent souvent sans fondement et qui ne reposent sur aucune base légale », a-t-elle précisé.
Sensibiliser la jeune femme camerounaise
Pour les intervenantes, le message essentiel à retenir pour les jeunes femmes est que toute pratique coutumière contraire à la loi, à l’ordre public ou aux bonnes mœurs peut être contestée et refusée.
Le Pr Dominique Ba’ana, enseignante à la Faculté des lettres et sciences humaines (FLSH), a souligné que ces thématiques touchent directement la société. « Au-delà de la professionnelle que je suis, je me sens également concernée, parfois à travers des proches. Ce sont des situations réelles et souvent douloureuses, car l’on entend malheureusement tout et n’importe quoi sur ces questions », a-t-elle confié.

Un hommage à une figure engagée de l’université
La cérémonie a également été marquée par un moment d’hommage rendu à Assomo Akono Arlette Valérie, en service à la Faculté des lettres et sciences humaines, récemment décédée des suites de maladie. Décrite comme une femme engagée et dévouée à la communauté universitaire, elle faisait partie des figures qui contribuaient activement à l’organisation de la Semaine de la femme à l’Université de Douala. Chef de bureau à la FLSH, elle participait chaque année au comité d’organisation de cet événement dédié à la promotion des droits et du leadership féminin.
À travers cette Semaine de la femme, l’Université de Douala entend offrir un cadre de réflexion, de sensibilisation et d’échanges autour des enjeux liés aux droits des femmes, en prélude à la célébration du 8 mars. Les activités se poursuivront durant plusieurs jours avec des conférences, panels et actions de sensibilisation visant à promouvoir l’égalité et l’autonomisation des femmes au sein de la communauté universitaire et de la société camerounaise.

