Au lendemain de l’arrestation spectaculaire de Nicolas Maduro par les forces spéciales américaines, la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, amorce une volte-face diplomatique. Entre menaces de nouvelles frappes de Donald Trump et comparution judiciaire à New York, Caracas tente une périlleuse stratégie de “développement partagé” avec Washington.
Le basculement est aussi brutal que spectaculaire. Quarante-huit heures après l’enlèvement de Nicolas Maduro par des commandos américains — un événement sans précédent dans l’histoire moderne des relations interaméricaines — le ton a changé à Caracas. Delcy Rodriguez, l’ancienne vice-présidente désormais installée à la tête de l’État par intérim, semble avoir troqué la rhétorique de la résistance pour celle de la Realpolitik.
De la dénonciation à la coopération
Samedi, Delcy Rodriguez qualifiait encore le raid américain de “violation flagrante de la souveraineté” et d’appropriation illégale des ressources. Mais ce lundi 5 janvier, le discours s’est assoupli. Sur ses réseaux sociaux, la présidente par intérim a plaidé pour l’établissement de “relations respectueuses” avec l’administration Trump, proposant même un programme axé sur le « développement partagé ».
Ce revirement intervient alors que l’étau se resserre. Donald Trump, fidèle à sa diplomatie de la pression maximale, n’a pas exclu de nouvelles frappes militaires si le pays ne coopérait pas sur deux dossiers brûlants : l’ouverture de l’industrie pétrolière vénézuélienne aux capitaux américains et la lutte contre le narcotrafic.
Nicolas Maduro devant la justice américaine
Pendant que Caracas cherche une porte de sortie diplomatique, le destin de Nicolas Maduro se joue à des milliers de kilomètres. Détenu dans la prison fédérale de Brooklyn, l’ancien dirigeant et son épouse doivent comparaître ce lundi devant un tribunal fédéral de New York. Ils font face à des accusations de trafic de stupéfiants, une procédure qui rappelle, par certains aspects, l’arrestation du Panaméen Manuel Noriega en 1989.
Une onde de choc régionale
L’agressivité renouvelée de la Maison-Blanche ne se limite pas aux frontières vénézuéliennes. Donald Trump a également menacé d’interventions militaires en Colombie et au Mexique, tout en prédisant la chute imminente du régime cubain.
Cette escalade a poussé le Conseil de sécurité de l’ONU à convoquer une session d’urgence ce lundi, à la demande du Venezuela. La communauté internationale observe avec inquiétude cette nouvelle doctrine américaine, redoutant une déstabilisation durable de l’Amérique latine, dans une région où les souvenirs des interventions étrangères restent douloureux.

