Yaoundé : 480 000 m³/jour d’eau potable grâce à un projet de 477 km de canalisations

Le Cameroun s’apprête à lancer les travaux d’un ambitieux projet hydraulique qui augmentera de 60% la capacité de production d’eau de sa capitale. Avec 30 000 nouveaux branchements prévus et un réseau étendu sur 477 km, cette infrastructure mobilise trois consortiums internationaux pour 36 mois de chantier. Le démarrage est imminent après la signature des accords de financement.

La capitale camerounaise s’apprête à franchir un cap décisif dans son approvisionnement en eau. Le projet portera la capacité de traitement à 480 000 m³/jour, soit 180 000 m³ supplémentaires par rapport aux 300 000 actuels provenant des stations de Batchenga (PAEPYS), Akom Nyada et Mefou.

Cette montée en puissance bénéficiera directement aux populations de Yaoundé et de ses banlieues périphériques (Soa, Akak, Mfou, Bikok, Mbankomo), longtemps confrontées aux coupures d’eau et aux rationnements. Industries, écoles et hôpitaux figurent également parmi les prioritaires de cette initiative présidentielle dont les contrats de marché entrent en phase d’exécution.

Des performances techniques ambitieuses

L’infrastructure vise à éliminer totalement les rationnements tout en garantissant une pression minimale de 1,5 bar à tous les points du réseau. Le rendement bondit de 52% à 75%, réduisant drastiquement les pertes liées à la vétusté des conduites en fonte grise et acier.

Sur le plan commercial, la CAMWATER table sur une augmentation de 60% de son chiffre d’affaires pour la zone de Yaoundé, portée par 30 000 nouveaux branchements et une consommation spécifique accrue des abonnés.

Trois partenaires pour 477 km de réseau

Le consortium belge Putman/Phoenix Environnement pilotera les lots stratégiques avec trois pôles de distribution : Abomé (sud), Zibi Antenne (sud-ouest) et Minkoameyos (ouest). Ces infrastructures comprennent des stations de pompage de 2 600 m³/h, des réservoirs de 13 250 m³ et 85 km de canalisations dans les zones critiques comme Etoudi, Mimboman et Nkomo.

Aspac Technics (Belgique) déploiera 62 km de conduites pour sécuriser les lignes de transfert PAEPYS, notamment Etoudi-Nkoayos (11,5 km, diamètre 1 000 mm). Le Gruppo Aturia (Italie) assurera l’extension massive avec 300 km de réseau tertiaire en PEHD et 30 000 kits de branchement complets.

Une cérémonie sous haute autorité

La signature des contrats s’est tenue en présence du ministre de l’Eau et de l’Énergie Gaston Eloundou Essomba, maître d’ouvrage, de sa collègue du Développement urbain et de l’Habitat Célestine Ketcha Courtès, ainsi que du directeur général de la CAMWATER, le Dr Blaise Moussa. L’ambassadeur du Royaume de Belgique au Cameroun et l’ensemble des partenaires techniques et financiers ont pris part à cet événement stratégique prescrit par le Président de la République.

Cette cérémonie intervient à l’issue du 23ème congrès de l’Association Africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA), clôturé par une visite guidée des délégations à Batchenga. Après une semaine d’échanges sur les bonnes pratiques continentales, rendez-vous est pris à Dakar en 2028 pour le 24ème congrès. Conscient de l’urgence, le Chef de l’État avait habilité le MINEPAT dès avril 2025 à finaliser les accords de financement.

La Rédaction

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