Dépigmentation : Un roman-choc expose la « santé mentale » derrière le blanchiment de la peau

Dépigmentation : Un roman-choc expose la « santé mentale » derrière le blanchiment de la peau

L’œuvre choc de “Junior Haussin, Je suis nègre mais les noirs ne m’aiment pas”, est au cœur d’un atelier de lecture organisé par l’association Sieng. Bien plus qu’un simple roman, ce livre se révèle être une véritable arme contre la dépigmentation et le complexe identitaire qui gangrènent la société camerounaise, soulevant des questions essentielles de santé mentale et d’identité.

Dans une salle comble à Douala ce samedi 13 décembre, l’écrivain Junior Haussin a récemment mené un atelier de lecture interactif, rassemblant des passionnés de littérature autour de son œuvre percutante : Je suis nègre mais les noirs ne m’aiment pas. Loin d’une lecture passive, l’exercice consistait à décrypter chaque texte, visant une compréhension profonde du livre et des thèmes qu’il aborde.

La Dépigmentation : Un Problème de Santé Mentale

L’ouvrage met brutalement en lumière un fléau qui prend de l’ampleur : la dépigmentation, connue localement sous le nom de « djansang », de « blanchiment » ou de « décapage ». Ce roman est désormais considéré comme un instrument capital dans la lutte contre cette pratique.

Selon les participants à l’atelier, le livre est précieux car il aborde cette préoccupation sous un angle crucial : « La dépigmentation de la peau… est un véritable problème de santé mentale. Qui non seulement nous affecte au plan identitaire mais également au plan mental. »

Le débat est vif. Pour les amoureux des lettres, il est essentiel de se pencher sur ce phénomène social pour sensibiliser et attirer l’attention de la communauté sur ses conséquences psychologiques et identitaires dévastatrices.

Dépigmentation : Un roman-choc expose la « santé mentale » derrière le blanchiment de la peau
Ouvrage de l’écrivain Junior Haussin

Le Négrofolisme : Une Auto-Critique Toxique

Au-delà du seul « djansang », l’auteur introduit un concept « assez nouveau » : le négrofolisme.

Ce terme désigne la « capacité qu’ont les personnes noires dans les communautés noires en Afrique noire à critiquer leurs frères justement parce qu’elles ont la peau noire. » Il illustre la toxicité de l’auto-critique et du rejet au sein même de la communauté, avec des expressions blessantes comme : « Tu es trop noire, blacky. » explique l’auteur.

Ce thème, qui suscite de nombreux échanges, rappelle l’importance pour les lecteurs de confronter ces préjugés intériorisés. C’est pourquoi plusieurs participants ont vivement recommandé le livre à un large public.

Sieng : Au Service de la Culture Africaine

Cet événement littéraire est une initiative de l’association Sieng, une association et club de lecture dont la mission est claire : promouvoir et valoriser les œuvres et les acteurs culturels africains au Cameroun. « Notre association a pour but de valoriser les auteurs africains. Nous sommes un club de lecture qui valorise néanmoins tous les acteurs culturels, artistiques et écrivains. »

L’ouvrage Je suis nègre mais les noirs ne m’aiment pas est d’ores et déjà disponible dans les espaces de vente, invitant chacun à prendre part à cette réflexion profonde sur l’identité, la couleur de peau et l’estime de soi dans la société camerounaise.

La Rédaction

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