L’atelier de sensibilisation des communes et des parties prenantes sur la lutte contre les changements climatiques s’est ouvert officiellement le mardi 16 décembre 2025 à Douala. La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du professeur Joseph Armathé Amougou, directeur général de l’Observatoire national sur les changements climatiques (ONACC), et de Mme Zenabou Mali épouse Bakary, chef de la division des affaires administratives et juridiques dans les services du gouverneur de la région du Littoral, représentant le gouverneur.
Réunis à Douala du 16 au 17 décembre 2025, les magistrats municipaux et autres parties prenantes des régions du Littoral et du Sud-Ouest prennent part à un atelier de sensibilisation sur les enjeux liés aux changements climatiques. Objectif : intégrer durablement le climat dans la planification locale et transformer cette contrainte en levier de développement.

La problématique des changements climatiques s’impose aujourd’hui comme l’un des défis majeurs et les plus complexes de ce siècle. Ses répercussions sur l’économie, le social, la sécurité alimentaire, la dynamique démographique et l’atteinte des objectifs de développement durable sont désormais évidentes. Dans les communes du Littoral, cette réalité s’est notamment illustrée par les inondations du 7 septembre 2023 à Makèpè Missokè, Mboppi et Bépanda, ainsi que par le glissement de terrain du 23 juillet 2023 à Bonamoussadi, causé par de fortes pluies et à l’origine d’importants dégâts matériels.
Prenant la parole, le directeur général de l’ONACC a salué les efforts du gouvernement camerounais en matière de lutte contre les changements climatiques. Pour le Pr Joseph Armathé Amougou, le débat sur l’existence du phénomène n’a plus lieu d’être. « Les changements climatiques sont une réalité. Le climat a beaucoup changé et continue de changer », a-t-il affirmé, justifiant la rencontre avec les maires des régions du Littoral et du Sud-Ouest par la nécessité première de sensibiliser. Il a souligné l’importance pour les magistrats municipaux de comprendre que les activités majeures inscrites dans les plans de développement communaux, notamment l’agriculture et l’élevage, sont fortement climato-dépendantes.
À cet effet, l’ONACC invite les communes à intégrer systématiquement la dimension climatique dans leurs programmes et plans de développement. S’adapter et s’ajuster aux nouvelles conditions climatiques suppose, selon le DG de l’ONACC, une bonne connaissance des données climatiques. L’atelier a ainsi permis de présenter aux magistrats municipaux les produits climatiques élaborés par l’ONACC, tels que les calendriers agricoles, les bulletins saisonniers et les bulletins d’alerte, destinés à améliorer la prise de décision au niveau local.
Au-delà des contraintes, les changements climatiques sont également perçus comme une opportunité. Le Cameroun entend capitaliser sur la finance climatique internationale, en valorisant notamment le capital naturel des communes, en particulier les forêts, qui jouent un rôle clé dans la régulation du climat à travers la séquestration du CO₂. Les communes sont également appelées à évaluer le coût économique des changements climatiques sur leurs activités, afin d’intégrer ces données dans la budgétisation locale et de mieux apprécier le coût de l’action et de l’inaction.
Représentant le gouverneur de la région du Littoral, Mme Zenabou Mali épouse Bakary a rappelé que les régions du Littoral et du Sud-Ouest sont particulièrement exposées aux effets des changements climatiques. Elle a souligné que cet atelier vise à renforcer les capacités des magistrats municipaux, afin de leur permettre de mieux appréhender les enjeux climatiques et d’y apporter des réponses adaptées au bénéfice de leurs collectivités.
Ainsi, cet atelier marque une étape clé dans la prise de conscience et l’engagement des communes du Littoral et du Sud-Ouest à intégrer les enjeux climatiques au cœur de leur gouvernance et de leur développement local.
Potain Georges Likeng

