Staat Kamerun : le passé s’expose à Douala

Staat Kamerun : le passé s’expose à Douala

Après un passage remarqué au Musée national de Yaoundé, l’exposition “Staat Kamerun 1884–1914” pose ses valises à Douala. Entre artefacts, photographies, objets rituels et art contemporain, l’événement ouvre une fenêtre unique sur les années sombres de la colonisation allemande au Cameroun.

Quand le passé colonial revient en lumière

Ce mercredi, la Maison de la Culture Sawa vibrait au rythme de la mémoire. Une conférence de presse y a levé le voile sur l’arrivée de l’exposition “Il était une fois… la naissance du Staat Kamerun (1884–1914)” à Douala. Un projet muséal d’envergure internationale, qui mêle objets historiques, récits collectifs et expression artistique pour interroger une page douloureuse de l’histoire camerounaise : la colonisation allemande.

Déjà présenté au Musée national à Yaoundé du 29 octobre 2024 au 28 février 2025, l’événement a enregistré près de 22 000 visiteurs, un chiffre qui témoigne de l’intérêt grandissant pour un dialogue entre mémoire, identité et décolonisation culturelle.

Objets du passé, regards d’aujourd’hui

À Douala, plus de 30 pièces seront exposées entre le 8 août et le 6 décembre 2025 au Palais de la Culture Sawa : objets rituels venus de musées camerounais, artefacts conservés en Allemagne ou en Suisse, et documents photographiques rares. L’exposition crée un pont entre les continents, entre les lieux de spoliation et ceux de mémoire, entre le passé colonial et les enjeux présents.

Ce dialogue inédit mêle également art contemporain et objets traditionnels, comme pour dire que l’histoire ne dort jamais vraiment, et que les cicatrices anciennes peuvent encore inspirer la création et le débat.

Une exposition, un devoir de mémoire

Pour la Communauté urbaine de Douala, coorganisatrice de l’événement, il s’agit non seulement de revisiter les faits, mais aussi de questionner leur signification pour les sociétés camerounaises d’aujourd’hui, à travers le prisme du pouvoir, de la résistance et de la transmission.

Douala, nouvelle étape d’une itinérance mémorielle

Après Yaoundé, Douala devient le second temps fort de cette exposition itinérante, avant d’autres étapes envisagées à Buea ou Garoua. La capitale économique, riche de son propre passé colonial, s’impose ainsi comme un espace vivant de mémoire, où les objets du passé rencontrent les consciences du présent.

La Rédaction

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