Le procès de l’affaire Martinez Zogo a connu un tournant décisif ce mardi au tribunal militaire. Irene Sylvie Manga, ancienne chef du secrétariat de l’ex-directeur général de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE) Maxime Ekoeko, a livré un témoignage accablant devant la juridiction militaire.
Citée comme témoin du commissaire du gouvernement, elle a décrit avec précision les procédures internes de la DGRE, insistant sur le caractère méticuleux de la gestion du courrier et des opérations. Sa conclusion ne laisse aucune place au doute : l’opération ayant conduit à l’assassinat de Martinez Zogo constitue une “opération hors-service” exécutée en dehors des canaux officiels.
Une rupture de communication révélatrice
Le témoignage a également mis en lumière un élément crucial : la rupture totale de communication entre Maxime Eko Eko et Justin Danwé, directeur des opérations, au moment des faits. Cette situation découlait d’une note de service qui plaçait Justin Danoué sous la coordination du conseiller technique n°1, court-circuitant ainsi la chaîne de commandement habituelle.
Ces révélations contredisent frontalement les affirmations de Justin Danwé, qui prétendait avoir rencontré Maxime Eko Eko les 18 et 23 janvier 2023 pour des comptes rendus sur l’opération Martinez Zogo.
La défense de Maxime Ekoeko monte au créneau
Me Zekou Seri, avocat de Maxime Eko Eko, accusé de complicité de torture, s’est empressé de souligner l’importance de ce témoignage : « Contrairement aux affirmations de monsieur Danoué, aucune preuve, puisqu’elle n’existe pas, n’est apportée de ce que le DGRE de l’époque, monsieur Eko Eko, lui avait donné quelconque ordre. »
Du côté de la défense de Justin Danwé, Me Jacques Mbuni minimise la portée de ces déclarations avec une pointe de cynisme : « Il n’y a que quelqu’un qui n’est pas lucide, qui ne peut pas comprendre qu’on ne peut pas voir des déclarations autres que celles tendantes à dédouaner son chef. »
La procédure au cœur des débats
Liliane Dang Engolu , directrice de l’administration générale à la DGRE au moment des faits, a été le second témoin de la journée. Ses déclarations ont renforcé le témoignage précédent en martelant qu’aucune opération ne peut être menée sans ordre d’opération formel.
Cette insistance sur les procédures réglementaires vise à démontrer l’irrégularité manifeste de l’opération qui a coûté la vie à Martinez Zogo. Les agents de la DGRE impliqués maintiennent de leur côté qu’ils ont simplement exécuté les ordres de leurs supérieurs hiérarchiques.
Une affaire aux ramifications multiples
Le procès de l’affaire Martinez Ogo met en cause plusieurs ex-directeurs généraux et directeurs des opérations de la DGRE. L’audience s’est poursuivie avec les questions des différentes parties civiles, alors que le tribunal militaire tente de démêler les responsabilités dans cette sombre affaire.
Les témoignages de cette journée du 27 janvier marquent une étape importante dans la manifestation de la vérité, en soulignant les dysfonctionnements graves qui ont permis qu’une opération létale soit menée en marge de tout cadre légal.

