Santé – Vaccination : Douala renforce la riposte contre la rage et la fièvre jaune

Dans le cadre de la 16e édition de la Semaine africaine et mondiale de la vaccination, un symposium s’est tenu le mardi 28 avril 2026 dans la salle de conférence de la délégation régionale de la Santé publique pour le Littoral, à Douala. Organisée sous le haut patronage du ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, la rencontre a réuni autorités sanitaires, experts vétérinaires et partenaires techniques pour intensifier la lutte contre la rage canine et la fièvre jaune, deux maladies évitables mais encore présentes dans la région.

À l’initiative du Programme élargi de vaccination (PEV) pour le Littoral, coordonné par Léonard Ewane, ce symposium s’inscrit dans la dynamique de la 16e Semaine africaine et mondiale de la vaccination, célébrée chaque année la dernière semaine d’avril. L’événement visait à mobiliser l’ensemble des acteurs concernés  santé humaine, santé animale et partenaires internationaux autour d’une réponse concertée face aux maladies évitables par la vaccination.

Une situation préoccupante sur le terrain

Les données présentées au cours des échanges mettent en lumière l’ampleur du défi. Selon les services régionaux du ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (MINEPIA), 287 chiens mordeurs ont été recensés en 2025, dont 112 placés en observation à la clinique vétérinaire régionale. Au premier trimestre 2026, 143 cas de morsures ont déjà été enregistrés dans les neuf districts de santé urbains de Douala.

Face à ces chiffres, les autorités rappellent que tout animal mordeur est systématiquement considéré comme suspect de rage, une maladie virale mortelle en l’absence de prise en charge rapide. L’objectif affiché est d’atteindre un taux de vaccination de 70 % chez les animaux, seuil nécessaire pour interrompre la transmission.

En parallèle, les actions de sensibilisation se poursuivent. Entre 2022 et 2025, près de 489 618 élèves, répartis dans 545 établissements scolaires, ont été informés sur les risques liés à la rage et les mesures de prévention.

Le rôle clé du Centre de vaccination internationale de Douala

Le Centre de vaccination internationale de Douala (CVID) joue un rôle central dans la prise en charge des cas d’exposition. L’établissement propose une vingtaine de vaccins et plusieurs examens, dont le vaccin antirabique administré selon les protocoles Zagreb ou Essen.

« Nous recevons régulièrement des cas de morsures de chien et procédons à la vaccination en traitement curatif », a expliqué le Dr Olivia Édou Nko’o, responsable du centre. Elle insiste sur la conduite à tenir en cas de morsure : laver immédiatement la plaie à grande eau avec du savon, puis consulter sans délai dans une structure de santé.

Toutefois, l’accès aux vaccins reste inégal. Si ceux du Programme élargi de vaccination sont gratuits pour les enfants de 0 à 59 mois, les autres, notamment au CVID, demeurent payants.

Fièvre jaune : maintenir la vigilance

Outre la rage, les échanges ont également porté sur la fièvre jaune, maladie virale intégrée au calendrier vaccinal camerounais depuis 2004. Bien que le vaccin soit efficace, la maladie n’est pas totalement éradiquée.

En 2024, neuf districts de santé du Littoral ont bénéficié d’une campagne de vaccination. Le vaccin est administré dès l’âge de 9 mois jusqu’à 60 ans. Les responsables de la communication ont insisté sur la nécessité de renforcer la prévention et la sensibilisation des populations.

Une mobilisation multisectorielle

En amont de cette semaine dédiée à la vaccination, plusieurs activités préparatoires ont été menées, notamment des réunions de coordination et des campagnes médiatiques. Les organisateurs ont salué la collaboration entre les différents acteurs, en particulier avec le Centre de vaccination internationale de Douala.

Au-delà du bilan, ce symposium traduit une volonté de renforcer l’approche intégrée de la santé, associant humains et animaux, pour mieux prévenir les épidémies.

Dans un contexte où les maladies évitables par la vaccination continuent de représenter un enjeu de santé publique, les autorités rappellent l’essentiel : la vaccination demeure un outil sûr, efficace et indispensable pour protéger toutes les générations.

Georges Potain

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