Sur la nationale n°1, l’horreur a frappé : seize passagers d’un bus ont été enlevés le 13 août 2025. Si dix otages ont retrouvé la liberté, six restent captifs, dont cinq enfants d’une même famille, âgés de 13 à 19 ans. Une tragédie qui glace le pays et fait monter la colère politique contre l’impuissance de l’État.
La nationale n°1, qui relie Kousseri à Maroua, s’est muée en théâtre d’angoisse ce 13 août. Le bus immatriculé EN 095-AL avait respecté la consigne d’arrêt nocturne à Zigague. Mais au matin, l’espoir d’un voyage tranquille s’est brisé sous les armes de Boko Haram. Les assaillants ont fait descendre les voyageurs et emporté seize d’entre eux vers une destination inconnue. Dans la panique, ils ont aussi raflé cartes d’identité et documents du véhicule, preuve de la brutalité de leur passage.
Cinq enfants dans la tourmente
Parmi les otages, le sort de cinq enfants d’une même famille bouleverse tout un pays. Albert Raphaël Nga (13 ans), Princesse Ntomba Okala (15 ans), Farelle Marie Faustine Tankeu (17 ans), Marie Lyslys Mbongo Okala (19 ans) et Easy Bryant Jean Bessala (19 ans). Ces jeunes, tous élèves, rentraient à Yaoundé pour retrouver leurs proches. Leur quotidien d’écoliers s’est transformé en cauchemar d’otages. Les ravisseurs ont d’abord exigé 50 millions FCFA de rançon, avant d’abaisser leur demande à 5 millions FCFA, selon L’Œil du Sahel.
La politique tremble, les voix s’élèvent
L’affaire provoque une onde de choc jusque dans les cercles politiques. Cabral Libii (PCRN) s’écrie : « Cinq enfants kidnappés ! Face à ce type d’horreur, nous devons parler d’une seule voix. » Serge Espoir Matomba (PURS) s’incline devant la douleur des familles et réclame : « Déployons tous les moyens pour les ramener vivants. » Patricia Tomaino Ndam Njoya (UDC) dénonce « des exactions terroristes inhumaines » et rappelle que protéger les enfants est une obligation régalienne. Maurice Kamto, bien que recalé de la présidentielle, exprime sa « solidarité » et exhorte le gouvernement à agir vite.
La peur et l’attente
À Kousseri, comme à Yaoundé, les familles vivent suspendues à l’espoir d’un retour. Mais chaque heure qui passe sans nouvelles ajoute au supplice. Cet enlèvement rappelle que l’Extrême-Nord reste vulnérable aux incursions de Boko Haram, malgré les efforts militaires. Les routes censées relier et protéger deviennent des couloirs de peur.
Au-delà des communiqués, les Camerounais attendent désormais des actes : sécuriser les axes, protéger les populations, et surtout ramener ces cinq enfants vivants à leur famille.

