Cameroun : saisie record de 200 kg de cocaïne à Douala, la douane renforce son arsenal

Cameroun : saisie record de 200 kg de cocaïne à Douala, la douane renforce son arsenal

L’aéroport international de Douala s’est transformé en véritable forteresse dans la lutte contre le trafic de stupéfiants et la contrefaçon. En juillet 2025, la subdivision commerciale secteur des douanes du Littoral 2 a réalisé une saisie historique de près de 200 kilogrammes de cocaïne, évaluée à environ 9 milliards de francs CFA, un record qui illustre l’ampleur du fléau.

Cette opération spectaculaire n’est que la partie visible d’un combat quotidien mené par les services douaniers contre les réseaux de contrebande qui tentent de faire du Cameroun une plaque tournante du trafic illicite.

Un cimetière de produits illicites

L’aéroport international de Douala abrite désormais un entrepôt où finissent leur course les marchandises saisies : maillots contrefaits (près de 10 000 pièces), médicaments falsifiés en provenance d’Asie, vins, bières, lingettes… La liste est longue et témoigne de la diversité des fraudes.

« Nous avons saisi beaucoup de médicaments, de produits pharmaceutiques falsifiés ou contrefaits en provenance de beaucoup de pays d’Asie », explique Ngha Nfor, commandant de la subdivision commerciale de l’aéroport de Douala.

Bekoko : un hub de médicaments contrefaits démantelé

À Bekoko, non loin de l’entrée contrôlée par la brigade mobile de Bonabéri, les douaniers ont frappé fort. Francis Noël Wara Wara, chef de la subdivision active de Douala Bassa, détaille une opération d’envergure : « 982 000 comprimés de médicaments contrefaits saisis, auxquels s’ajoutent plus de 156 000 gélules. »

Ces chiffres vertigineux révèlent l’ampleur d’un trafic qui met directement en danger la santé des populations camerounaises.

Triple menace : État, industrie locale et santé publique

À Douala comme dans les autres villes du Cameroun, la contrefaçon constitue un fléau aux multiples visages. Elle ne se contente pas de priver l’État de recettes fiscales : elle tue l’industrie locale en créant une concurrence déloyale et menace directement la santé publique par la circulation de produits dangereux.

« L’une des principales conséquences de la contrefaçon, c’est la dégradation du tissu économique à travers les faillites des détenteurs légaux des droits de propriété », souligne un responsable douanier.

L’intelligence artificielle au service de la douane

Face à des contrebandiers toujours plus sophistiqués, la douane camerounaise mise sur la modernisation. Malgré les avancées technologiques déjà réalisées, des défis persistent, notamment l’utilisation de codes-barres falsifiés.

Ngha Nfor plaide pour le recours aux technologies de pointe : « Nous sommes à l’ère de la digitalisation et de l’intelligence artificielle. Utiliser des applications permettant, à partir de la lecture des codes-barres, de connaître l’origine ou l’authenticité d’un produit lors de nos contrôles devient indispensable. »

Une lutte qui exige la collaboration des marques

Le commandant Ngha Nfor pointe également du doigt la responsabilité des détenteurs de marques : « Combien de détenteurs de marques déposées savent qu’ils doivent travailler main dans la main avec la douane ? C’est facile de dire “c’est passé par la douane”, mais qu’avez-vous fait pour donner cette information à la douane ? »

La formation des douaniers par les entreprises victimes de contrefaçon apparaît comme un levier stratégique pour lutter efficacement contre ce fléau.

Journée internationale des douanes : vigilance et engagement

C’est sur le thème « Une douane qui protège la société par sa vigilance et son engagement » que s’est célébrée la journée internationale des douanes le 26 janvier dernier. Un thème qui résonne particulièrement au Cameroun, où les services douaniers multiplient les opérations de contrôle.

La stratégie repose désormais sur trois piliers : le renseignement, la formation continue des agents et la collaboration étroite avec le secteur privé. Une approche globale pour endiguer un phénomène qui coûte cher à l’économie nationale et met en péril la santé des Camerounais.

La Rédaction

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