Réunis à Douala du 20 au 25 avril 2026, les acteurs institutionnels, économiques et sociaux de l’Afrique centrale ont franchi une étape décisive dans la construction d’un cadre minier commun, pensé pour répondre aux enjeux de transparence, d’attractivité et de souveraineté.
Les travaux ont été conduits sous la présidence de Fulgence Likassi-Bokamba, Commissaire en charge de la Bonne Gouvernance à la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale. Sa coordination a permis de structurer les échanges autour de priorités stratégiques, dans un climat marqué par une forte implication des différentes parties prenantes.

Quatre orientations majeures ont structuré les débats. La première concerne l’adhésion à la Vision Minière Africaine, qui constitue un référentiel continental pour une exploitation responsable et intégrée des ressources minières. L’objectif est d’arrimer les politiques de la sous-région aux standards africains et internationaux.
Ensuite, la question de la gouvernance s’est imposée comme un pilier central. Les participants ont insisté sur le renforcement des mécanismes de transparence et de redevabilité afin d’assurer une gestion rigoureuse des ressources naturelles, souvent au cœur des équilibres économiques nationaux.
L’harmonisation des législations nationales a également occupé une place importante dans les discussions. En réduisant les disparités juridiques entre États membres, la CEMAC entend créer un environnement plus lisible et plus attractif pour les investisseurs, tout en facilitant la coopération régionale.
Enfin, les échanges ont mis en avant la valorisation des compétences locales et sous-régionales. L’ambition est claire : s’appuyer davantage sur l’expertise disponible en Afrique centrale pour piloter le développement du secteur minier et limiter la dépendance extérieure.
Au-delà de ces axes, la question de la souveraineté économique a traversé l’ensemble des interventions. Dans un contexte mondial où les ressources minières deviennent de plus en plus stratégiques, les États de la sous-région souhaitent se doter d’outils juridiques capables de mieux protéger leurs intérêts et de maximiser les retombées économiques au profit des populations.
Cette dynamique collective marque une avancée significative vers la mise en place d’un cadre réglementaire cohérent et ambitieux. L’avant-projet du Code minier communautaire apparaît ainsi comme une réponse concertée aux défis structurels du secteur. Il ouvre la voie à une nouvelle ère pour l’industrie extractive en Afrique centrale, fondée sur l’équilibre entre attractivité économique, responsabilité sociale et maîtrise des ressources.
L’adhésion globale des acteurs présents à cette vision commune témoigne d’une volonté partagée : faire du secteur minier un levier durable de croissance et d’intégration régionale.

