Silencieux et discret, Clément Atangana ne cherche pas la lumière, mais son regard impassible capte souvent l’attention lorsque l’avenir politique du Cameroun se décide. Portrait d’un homme de droit, figure majeure de la légalité.
Son visage est familier, son nom, parfois redouté. Clément Atangana, président du Conseil constitutionnel, incarne cette justice suprême, perchée au sommet de l’architecture institutionnelle. L’homme, calme et méthodique, règne sur une arène où le droit flirte souvent avec la politique.
Depuis sa nomination en février 2018, c’est à lui que revient la lourde charge de valider les résultats de l’élection présidentielle, de dire le droit quand le doute plane, de trancher quand les passions grondent. Un juge, un arbitre… parfois un bouclier. Magistrat de carrière, formé à l’école du silence et de la discipline, Clément Atangana, diplômé de l’ENAM en 1969 avec Laurent Esso, connaît les arcanes de la justice camerounaise comme sa poche.
56 années de robe noire derrière lui, dont plusieurs comme chef de juridictions et chef des cours d’appel, puis président de la chambre administrative de la cour suprême, avant d’accéder au siège le plus sensible de la République. Dans l’enceinte du Conseil, il préside les audiences avec un calme olympien, impassible face aux joutes oratoires des livres vivants que sont les avocats, inébranlable même quand les recours sont chargés de tensions politiques. Il écoute, prend des notes, puis tranche.
Un style sobre, presque clinique, qui ne laisse rien transparaître de ses états d’âme. Mais derrière la toge, l’homme ne fait pas l’unanimité. Trop proche du pouvoir, disent certains. Gardien de l’ordre établi, murmurent d’autres. Lui, ne répond jamais. Clément Atangana préfère laisser le droit faire sa propre plaidoirie.
Alors que le pays retient son souffle en attendant la liste définitive des candidats à la présidentielle, Clément Atangana, prépare son terrain : celui du droit, des textes, et du silence maîtrisé. Dans cette élection à forts enjeux, il ne sera pas candidat. Mais c’est lui qui désignera, en dernier ressort, celui qui aura réellement gagné.

